La République en danger … à cause du voile !

Contrairement à l’image menaçante répandue dans le grand public français les musulmans constituent indéniablement une des minorités sociales les plus pacifiques, les plus tolérantes, les plus calmes et les plus respectueuses des valeurs et lois de la République. Malgré cela, depuis le début des années 80 en particulier, son image s’est dégradée, devenant la cible de discriminations non seulement populaires (refus devenu banal de vendre ou de louer un appartement, de donner un stage ou un travail à un « arabo-musulman ») mais, ce qui est plus préoccupant, de discriminations institutionnalisées et, depuis 2004, légalisées.

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Mercredi 8 Septembre 2010
La République en danger … à cause du voile !
3 juin

Contrairement à l’image menaçante répandue dans le grand public français les musulmans constituent indéniablement une des minorités sociales les plus pacifiques, les plus tolérantes, les plus calmes et les plus respectueuses des valeurs et lois de la République. Malgré cela, depuis le début des années 80 en particulier, son image s’est dégradée, devenant la cible de discriminations non seulement populaires (refus devenu banal de vendre ou de louer un appartement, de donner un stage ou un travail à un « arabo-musulman ») mais, ce qui est plus préoccupant, de discriminations institutionnalisées et, depuis 2004, légalisées. Pourtant, les musulmans ne réagissent pas, compréhensifs vis-à-vis des frayeurs populaires, surtout depuis les attentats meurtriers du 11 septembre.

C’est ainsi qu’ils ont accepté sans broncher de devenir les boucs émissaires privilégiés de ceux qui se pensent comme les « français de souche », se disant, sans doute, que la situation finirait bien par s’améliorer, que les préjugés finiraient par fondre devant leur comportement irréprochable. La loi du 15 mars 2004 interdisant le simple voile considéré comme musulman à l’école publique, accompagnée de toute une rhétorique juridique destinée à faire comme si tous les signes religieux étaient mis sur le même plan, ne les a pas trompés.

Ils savaient qu’ils étaient dans le collimateur en raison de leur islamité doublée, souvent, de leur arabité, et pour rien d’autre, et ils décidèrent néanmoins de se soumettre à la loi, de l’appliquer scrupuleusement malgré tout, histoire de démontrer leur civisme. Pourtant, malgré tous leurs efforts, aujourd’hui encore plus qu’hier, lorsqu’un voyou caillasse un policier, lorsqu’un vol à la tire est commis dans une cité dite difficile, les « arabo-musulmans » qui « noyautent » les « quartiers » sont inlassablement associés à cette situation chaotique, même si justement, ils se battent tous les jours pour un retour à l’ordre, pour l’alphabétisation, pour l’éducation, contre le vandalisme, contre l’alcool, contre la drogue, contre les comportements anti-sociaux.

Revenons en arrière. Début des années 80, pour la première fois sont entendues les expressions de « sauvageons des cités », d’islamisation des « quartiers », mais c’est surtout la période de sortie brutale des 30 glorieuses, le passage de la prospérité économique à un chômage endémique qui touche non seulement les milieux ouvriers mais aussi les classes moyennes. C’est aussi à ce moment que la deuxième génération des français issus de l’immigration, français de naissance donc, se prend en main, passant du statut de minorité passive, subissant le regard de l’autre, à celui de minorité active, volontairement visible. Cette nouvelle façon de se comporter se traduit aussi par le fait de redécouvrir l’islam.

Cette conjonction entre une crise économique forte qui touche toute la population et l’émergence de cette nouvelle minorité arabo-musulmane clairement française, installée définitivement « ici », sans oublier le contexte international de la première grande vague de terrorisme islamique, en Algérie en particulier, va engendrer un phénomène de rejet viscéral, incontrôlable rationnellement, qui sera dans un premier temps contenu, en quelque sorte, par les pouvoirs public qui cherchèrent à naturaliser l’islam, à le sculpter « républicainement », à lui donner une apparence « présentable » (par exemple en cherchant à tout prix à mettre en place une institution représentative des musulmans de France).

1989, première affaire du voile qui défraie la chronique assortie de discours haineux et des premières mesures publiques destinées à endiguer le phénomène. Puis, ce sera le 11 septembre. Entre temps, la France est passée d’une crise économique, à une crise sociale et bientôt à une crise symbolique profonde, dont l’aboutissement est le débat récent sur l’identité nationale. Ce pays, jadis centre intellectuel et culturel, s’est transformé en périphérie du monde anglo-saxon et bientôt de l’Asie. Le cinéma français sous perfusion a perdu de son lustre, la littérature française n’est presque plus traduite, la création artistique française est de moins en moins présente hors de l’Hexagone, bref la fameuse exception française n’est plus fameuse qu’ici.

Emportés dans le tourbillon de la mondialisation, les français ont besoin de désigner des coupables pour ce désastre, des boucs émissaires qui, suivant la définition de René Girard, doivent être suffisamment visibles, différents, pour être visés, et suffisamment présents, proches, pour être à portée de main. C’est pour cela que le comportement irréprochable des musulmans, qui depuis 30 ans cherchent à se faire oublier, à vivre en bonne entente, n’y change rien. L’évolution des choses leur échappe complètement, parce que c’est un problème social qui touche l’ensemble de la société française, indépendamment de ce que font ou de ce que sont les musulmans.

Pour preuve de ce climat délétère délirant, la profonde irrationalité des arguments soulevés tour à tour pour interdire le voile intégral : argument féministe, alors qu’il est évident que ce voile est volontaire et n’a rien à voir avec la situation afghane, saoudienne ou autre ; argument humaniste, affirmant qu’on ne peut être digne d’être citoyen si l’on ne montre pas ses yeux, c’est ainsi qu’un des chroniqueurs du Grand Journal de Canal Plus devant une femme en voile intégral lui assènera qu’il ne peut lui parler parce qu’il ne la connaît pas ne pouvant distinguer ses yeux, alors même qu’il ne lui serait jamais venu à l’idée d’imposer aux multiples stars en lunettes noires reçues sur le même plateau une telle exigence ; argument sécuritaire, fondé sur l’idée étrange que l’on peut se cacher derrière le voile pour commettre un attentat ou pratiquer le vol à la tire, comme on peut le faire aussi derrière un casque de moto ou des bandages à la sortie de l’hôpital ; argument théologique, plutôt cocasse en situation de laïcité théorique, qui s’inspire d’interprétations coraniques reprises par les représentants de l’Etat ; et enfin, argument épidémique, s’en prenant à cette « gangrène » qui infiltre notre beau pays et le défigure.

Ce dernier argument étant le plus répandu, celui qui revient toujours en dernière analyse, et qui est pourtant le plus irrationnel, fondé sur un rejet épidermique de l’autre. Il suffit de voir à quel point aujourd’hui on le retrouve non seulement dans les sites internet néo-templiers, nationalistes, et d’extrême droite en général, mais aussi, de plus en plus, dans les forums des grands journaux.

Mais le plus grave n’est pas là, car cela pourrait rester une folie populaire passagère comme il y en a tant. Le plus tragique est qu’une grande partie de la classe politique encourage et amplifie cette vague sans précédente de xénophobie. Je crois sincèrement que c’est cela la décadence, lorsqu’un nombre croissant de politiques sont corrompus par la plus vile des corruptions, non pas celle de l’argent typique du tiers-monde, mais la corruption populiste, qui conditionne des tactiques de carrières à l’exclusion de tout intérêt général.

Car il est évident que la plupart des hommes politiques ne peuvent pas croire sérieusement que le voile intégral, qui ne concerne que quelques centaines de jeunes femmes un peu excentriques, qui, de surcroît, sont individualistes, dépolitisées, avec des idées et croyances proches de celles du new-age, menacent l’ordre public. Le phénomène en lui-même intéresse très peu la classe politique, pour preuve l’attitude de la Mission d’information de l’Assemblée Nationale qui n’a pas vraiment cherché à s’informer sur le sujet, mais seulement à auditionner le plus souvent des idéologues dont les discours étaient déjà connus, qu’ils soient « pour » ou qu’ils soient « contre » le voile intégral.

L’affaire du voile intégral, comme l’affaire Dreyfus jadis, manifeste un problème de société beaucoup plus profond, typique des dérives de notre époque : c’est l’ « opinion » qui construit la réalité légitime, même si cette opinion est elle aussi construite par ceux qui la suivent ! Les publicitaires bien sûr, mais de plus en plus souvent les politiques, les intellectuels, les artistes, envoient des signes à « l’opinion » en fonction des signes qu’ils reçoivent d’elles. C’est pourquoi la plupart des hommes politiques - ce qui n’était pas encore le cas dans les années 80 - consultent de plus en plus rarement des spécialistes de l’agriculture lorsqu’ils veulent faire une loi sur ce sujet, mais des conseillers en communication, autrement dit des spécialistes en signes, et ils se posent une seule question : quels signes pouvons-nous envoyer pour être le mieux perçu, le mieux apprécié possible ? Nous sommes entrés dans l’empire des signes décrit et décrié par Baudrillard !

Avec l’affaire du voile intégral ce cercle vicieux a atteint son paroxysme, favorisé par une classe politique dont nombre de membres ne croient plus en rien sauf à leur réélection, ne consultant que des experts en sondages et communications, et qui, se faisant, au lieu de juguler l’angoisse populaire fondée sur la méconnaissance, travaillent à l’amplifier, pour des raisons de basse tactique. Pour les uns afin d’apparaître en héros présidentiable, pour les autres afin de faire un croche patte à un concurrent. C’est l’effondrement de toute politique au sens d’Annah Arendt auquel nous assistons. En outre, une telle attitude d’apprenti sorcier, profondément irresponsable et cynique, est en train, pour le coup, de toucher maintenant la République dans ses fondements historiques.

Dans les forums des grands journaux de nombreuses voix s’élèvent pour demander l’abolition de la Constitution et de son Conseil Constitutionnel, du Conseil d’Etat, institution ringarde ; et pour certains même, ce sont les Droits de l’homme qui ne sont plus adaptés à cette « situation d’urgence » ! Amnesty International a beau lancer une déclaration solennelle, plus rien n’y fait, la haine s’est répandue comme une traînée de poudre, le racisme et l’islamophobie se donnent maintenant la main, soutenus par les parlementaires qui veulent en finir eux aussi, en termes à peine dissimulés, avec la Constitution et les institutions trop gênantes. Ce n’est pas un hasard si dans le même temps, on entend des voix d’élus qui voudraient faire censurer un film qui évoque un événement douloureux de l’époque coloniale française, ce n’est pas un hasard si j’ai dû annuler dernièrement la soutenance de thèse d’un de mes doctorants marocains qui n’a pas obtenu de visa malgré la convocation de l’école doctorale… française, ce n’est pas un hasard si l’on songe sérieusement à retirer la nationalité française à « certains » français (alors que l’on ne saurait envisager cela pour un simple tueur en série, si toutefois il s’agit d’un tueur français « de souche » !).

Aujourd’hui, la République est menacée par certains de ceux qui, se faisant, usurpent l’honneur de la représenter, pour cause de démagogie maladive, prêts sans sourciller à jeter aux orties des siècles d’histoire, autrement dit la République elle-même avec tout ce qu’elle contient, et d’abord sa Constitution qui est, comme le mot le dit bien, son ossature, sa substance intime, ce qui fait de la France à proprement parler un Etat de droit, un Etat dans lequel il ne suffit pas d’être majoritaire pour avoir raison, mais dans lequel il faut aussi être juste. C’est l’Etat de droit qui est aujourd’hui fragilisé, et nullement à cause des musulmans. Cette période ressemble, toute proportion gardée bien sûr, à l’Allemagne de l’Entre-deux-guerres, un pays complexé par la défaite, écrasé par la crise économique, aujourd’hui nous dirions par la crise financière et identitaire, qui cherche des bouc émissaires, qui en appelle à un retour à la Nation, à ses racines, et qui, progressivement, abandonnent les attributs de l’Etat de droit à travers des lois de plus en plus discriminatoires.

L’histoire nous dit que quel que soit le comportement des populations visées, qu’elles obéissent sagement ou non à ces mêmes lois, essayant de se faire oublier, la fureur populaire ne s’apaisera pas. Hier c’était le simple voile à l’école, aujourd’hui le voile intégral dans les espaces publics, avec des déclarations autorisées inimaginables il y a encore une dizaine d’années, sur l’assimilation « forcée » des « arabo-musulmans » et même sur l’essence guerrière, misogyne et terroriste de l’islam.

Il est évident que demain ce sera autre chose. Comme les catholiques eux mêmes au début des années 80 qui ont manifesté pour la défense de l’école sous contrat, il est probable que nous nous orientons vers un mouvement social de grande ampleur, seul susceptible d’ailleurs de faire revenir le personnel politique à la raison et à son expression républicaine, la Constitution de la République Française et les principes généraux du droit, garanties multi-séculaires de la survie de l’Etat de droit. Un tel mouvement social pacifique me semble aujourd’hui nécessaire non seulement dans l’intérêt des musulmans de France mais pour prémunir, tout bonnement, la République contre une dérive populiste qui ne pourrait que lui être fatale. J’ai bien peur que se dessine en tout cas une nouvelle fracture française autour de l’image du « musulman traître à la nation », un peu comme il y avait une ligne de fracture au début du siècle dernier entre les dreyfusards et les antidreyfusards qui a été à l’origine de toutes les dérives aussi haineuses qu’insensées de part et d’autre.


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Raphaël Liogier

Raphaël Liogier, Professeur de sociologie à l’IEP d’Aix-en-Provence, auteur de : Une laïcité « légitime » (Entrelacs, 2006)

Auteur de Une laïcité « légitime » : la France et ses religions d’Etat, Paris, Entrelacs, 2006

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article : La République en danger … à cause du voile !

7 juin 2010
Mamyli a dit :

Les sites proposés par Fabrice sont islamophobes et ne visent qu’à montrer l’infériorité de l’islam vis-à-vis du christianisme !

De telles allégations mettent la république en danger !

Amitiés. Liliane Bénard

5 juin 2010
St Ange a dit :

@ Hout Vous dites :"en quoi leur volonté de préserver une culture et une tradition française serait condamnable ?"

En effet, je n’oublie pas les débats qu’avait suscités l’annulation du mariage, par un juge Français. Et surtout les diffenrentes voix qui se sont élevées, pour dire "défendons notre culture" !.

5 juin 2010
aixois a dit :
la république est réellement en danger, non pas a cause du voile, mais par ce que celles qui le portent mettent leur dieu au dessus de la république. l histoire est faite de gens qui se sont battus, sont mort, pour que la république soit, je veux bien mourir pour elle. la république doit être la loi suprême, et les divers dieux sont en dessous. ceci dit le voile est un argument facile pour les racistes de tout poil et si je me fous de vos dieux, je serais le premier a gifler le premier raciste
3 juin 2010
fabrice a dit :

je vous recommande vivement de lire ces articles. du lourd, tres lourd comparativement au dhimmi d’Oumma.

http://www.bivouac-id.com/2010/06/02/musulmans-et-occidentaux-les-differences-psychologiques-par-nicolai-sennels/

Et surtout cette lettre, adressée par le Père Charles de Foucauld à René Bazin, de l’Académie française. http://www.vdfr95.com/charlesdefoucauld.htm

3 juin 2010
Mamyli a dit :

Personne ne peut penser que la république est en danger à cause du voile !

Ce titre est problématique.

La république non plus que le voile n’ont rien d’absolu. Il ne s’agit que d’un régime politique et d’un vêtement. Aucun d’eux ne mérite que l’on meure pour eux.

Dans les deux cas, il y a des pour et des contre. Qui a raison ?

Il y a des républicaines sans voile, des voilées non républicaines et réciproquement. Qu’est-ce que cela veut dire ?

La république ne préconise pas l’athéisme ni le voile le fascisme. La femme religieuse ne dépend d’aucun régime politique. Dieu est son seul maître, différent de tout président de la république ou de tout chef d’État.

C’est en Dieu qu’elle a confiance et non dans les êtres humains qui l’environnent. Les chefs d’État devraient le savoir.

Qu’elle porte ou non le voile, elle demande le respect et lutte contre l’oppression. Qu’on se le dise !

Amitiés. Liliane Bénard.

3 juin 2010
Passsant a dit :

Je n’ai hélas pas beaucoup de temps, je suis fort occupé, mais je reprendrai les propos benêts de Reno :

Heureusement que vous dites "en principe", car la censure est monnaie courante en France, comme l’indiquent les statistiques de l’UE datant d’il y a environ deux ans, dans laquelle la France est loin d’être à la première place en termes de liberté d’expression/presse.

Quant à l’article, il est excellent, et je rejoins l’analyse de Mohamed. D’autant plus que la mouvance juive du début du 20e siècle et les réactions au sein de la communauté musulmane d’aujourd’hui sont extrêmement différentes. Je pense qu’une des plus grandes leçons à tirer de la dernière guerre mondiale, et du sort atroce réservé aux juifs, c’est que le raciste et xénophobe primaire et inconscient a davantage peur de "l’étranger" qu’il ne distingue pas que de celui qui tend à affirmer sa visibilité. Or, les juifs s’étaient complètement fondus dans la masse alors que les musulmans souhaitent jouir de leur liberté d’expression pour s’afficher comme ils le souhaite, ce qui est légitime et un droit pour tous.

Finalement, je ne perçois aucun scénario catastrophe à l’horizon, notamment pour les raisons mentionnées par le Mathémagicien - sans dramatiser pour autant. Nous passons par une phase qui s’estompera un jour.

3 juin 2010
Mohamed Mathémagicien a dit :
Excellent article, bien entendu que nos politiques ne suivent essentiellement que leurs intérêts, et pour cela ils sont prêts à prendre les français pour des jambons en montant des groupes contre les autres. Toutefois je ne suis pas pessimiste, il y a deux différences colossales entre la France du début du XXIéme siècle et l’Allemagne d’entre deux guerres : 1) les musulmans constituent une minorité de plus en plus importante en nombre, rien à voir avec les petites communautés juives du début du XXème siècle, nous allons vers une France constituée par une majorité blanche catholique sécularisée et une minoritée gigantesque de tradition islamique 2) les dirigeants français sont irresponsables jusqu’à un certain point, ils savent ce qu’il en coutera à la France si celle-ci s’amuse à reproduire les grossières erreures de l’Allemagne hitlérienne.
3 juin 2010
Reno a dit :

Peut-être faudrait-il être moins crispé. Dans notre pays tout le monde peut en principe s’exprimer.

La censure...

3 juin 2010
Eberlué a dit :
Ce texte est-il à prendre au second degré ?
3 juin 2010
amazone a dit :

Dominique LAIRE : On lit régulièrement sur ce site des interventions d’une débilité sans nom mais avouez que celle ci est une perle "En gros les musulmans sont les gentils et les « français de souche » "

Pour rappel : d’une part être musulman n’est pas une nationalité comme être Français par exemple.

D’autre part il y a de trés trés nombreux musulmans qui sont Français de souche, comme vous dites.

Enfin... à quoi bon vous expliquez quoi que ce soit, y’à rien qui rentre dans certaines têtes !!!

3 juin 2010
Reneabel a dit :
Bel article ! Mais de tels propos sont rares. J’ai longtemps enseigné (université) et j’ai eu des étudiants et étudiantes vêtu(e)s de diverses manières (portant foulards, kippa, tenues religieuses diverses.... et même un curé en soutane !) sans que cela pose un quelconque problème...). D’où mon étonnement de voir des députés qui -en pleine séance parlementaire (et non au café du coin !)- s’indignaient de ce qu’une jeune fille (dans le public) ose porter un voile (non intégral !). De même lorsque la dirigeante d’un grand parti déclarait que, jamais, son parti ne présenterait une candidate voilée... Ces absurdités (électoralistes ?) ont le vent en poupe ! Combien de temps sera nécessaire pour s’attaquer aux vrais problèmes de notre société ?
3 juin 2010
Bakir a dit :
Bonjour, Un GRAND merci pour Raphaël Liogier et au site d’avoir publié cet article. A Vrai dire, j’avais pleins de larmes dans mes yeux en lisant l’article ! Rares sont des personnalités intégres, sages et honnetes à lever la voix pour dire STOP ! Français-Musulman, jamais mélée à quoi que ce soit, en délinquance, dérives ou même simples infractions, toujours respectant les règles et les personnes, je pense que je rentre parfaitement dans sa description et la majorité de mes confrères sont le même cadre de paix, bonté et patience. J’en suis donc le témoin comme vraiment la majorité. Son témoignage reflète la stricte vérité, n’en déplaise à certain ! Je dis qu’heureusement que nous avons encore en France des honnetes hommes qui nous soulagent d’un minimum de ses souffrances à n’en pas en finir. L’effet c’est bien au contraire, on sombre dans la spiritualité avec patience et bonté. Merci encore (enfin) de cette brillante analyse.
3 juin 2010
Mouamar a dit :
Juste un mot, Monsieur Raphaël Liogier, pour vous dire que je partage votre pessimisme. Les temps vont devenir très durs. Je me prépare doucettement à me tailler !
3 juin 2010
Dominique LAIRE a dit :

En gros les musulmans sont les gentils et les « français de souche » et leurs représentants les élus de la République les méchants qui n’on rien compris.

On n’ose imaginer un Raphaël Liogier aux manivelles d’un gouvernement !

Qu’il reste bien à l’abri à Aix en Provence dans son officie inutile, ce n’est pas vers lui que l’on se tournera pour sauver la République si toute fois elle était en danger.

3 juin 2010
grya26 a dit :
Bien que tout à fait en accord sur votre conclusion, je me permets une remarque qui ne me semble pas dénuée d’intérêt. J’en arrive aux faits qui me posent question en prenant un exemple vécu. Il y a de cela quelques années, en vacances en Algérie avec ma famille, je fus pris d’une rage de dents nécessitant l’intervention d’un dentiste. Qu’a cela ne tienne, je me rends au dispensaire le plus proche et j’attends mon tour quant un infirmier vient me demander de quitter les lieux car vêtu d’un short, ma tenue ne répondait pas aux lois de la bienséance canon en vigueur dans ce type d’établissement d’autant plus que le dentiste était une femme. pour être tout à fait complet cela se situait à TIPASA petite station balnéaire de la banlieue d’Alger. Je suis donc reparti après plus d’une heure d’attente sans avoir été soigné. Voila à quoi on s’expose quand confronté à une forme quelconque d’intégrisme notre façon de vivre provoque des réactions épidermiques de la part de la population où nous évoluons. Ne voyez pas là la simple dénonciation d’un fait divers anecdotique sans relation aucune avec le long développement de votre article, mais prenez le plutôt comme un autre angle de vision de ce que nous conviendrons d’appeler une réaction épidermique populiste pour faire court et pour arriver directement au coeur du sujet. Bien évidemment il n’est pas question pour moi de remettre en cause votre analyse sur les acteurs du monde politique qui utilisent sans vergogne les peurs et les phobies populaires à des fins peu avouables, et n’ayant rien à voir avec des valeurs humanistes ou de justice sociale. Toujours d’accord avec vous pour dire avec certitude que la condition féminine n’est pas leur préoccupation majeure. Mais là où je diverge, c’est quand vous cherchez à opposer (des français de souche à des français d’origines ethniques diverses, qui plus est arabo- musulmans). Le populisme ne ce rencontre pas de façon unilatérale dans le camps des premiers, mais il traverse bien l’ensemble de la population française. Favorisé, exacerbé même devrais-je dire par ces politiciens véreux que vous dénoncez très justement, ce populisme qui traverse notre société décadente ne concourt pas au rassemblement des couches populaires qui sont avant tout victime de l’insécurité sociale qui leur est faite au nom de la loi des marchés. Il me semble que c’est cette dimension qui manque à votre discours, vous ne dénoncez pas assez clairement ce qui est en cause quand le monde politique s’applique a diviser les hommes pour mieux en tirer profit. Par le fait vous passez à coté de l’essentiel et vous ne parvenez pas à trouver le chemin d’une dé construction nécessaire de ce travail de division qu’ils mettent en oeuvre avec un certain machiavélisme. Nous privant ainsi d’une perspective optimiste seule à même de tracer la voie à un avenir radieux.
3 juin 2010
Pierre Meur a dit :

Raphaël Liogier : Pour preuve de ce climat délétère délirant, la profonde irrationalité des arguments soulevés tour à tour pour interdire le voile intégral : argument féministe, alors qu’il est évident que ce voile est volontaire et n’a rien à voir avec la situation afghane, saoudienne ou autre ...

Raphaël Liogier : Je crois sincèrement que c’est cela la décadence, lorsqu’un nombre croissant de politiques sont corrompus par la plus vile des corruptions, non pas celle de l’argent typique du tiers-monde, mais la corruption populiste, qui conditionne des tactiques de carrières à l’exclusion de tout intérêt général.

Raphaël Liogier : Un tel mouvement social pacifique me semble aujourd’hui nécessaire non seulement dans l’intérêt des musulmans de France mais pour prémunir, tout bonnement, la République contre une dérive populiste qui ne pourrait que lui être fatale.

Entièrement d’accord. Lu et approuvé. Il est encourageant de pouvoir encore lire des articles comme celui-ci.

Pierre Meur, Libre-penseur et humaniste

3 juin 2010
Maxence a dit :
Je plussoie à la remarque ô combien pertinente de Xavier ! Et je serais curieux de connaître les éléments empiriques sur lesquels Monsieur Liogier, en bon sociologue, fonde ce ’constat’, qu’il présente comme allant de soi... Le ton employé - sur le mode des histoires édifiantes que l’on raconte aux enfants - laisse songeur : Monsieur Liogier s’astreint-il à un effort de vulgarisation vis-à-vis de ceux qu’il répugne à appeler "Français de souche" (il préfère sans doute l’expression "petits Blancs"), ou se croit-il investi d’une mission moralisatrice ? Les deux, peut-être...
3 juin 2010
Hout a dit :

"les musulmans constituent indéniablement une des minorités sociales les plus pacifiques, les plus tolérantes, les plus calmes et les plus respectueuses des valeurs et lois de la République"

Toujours se méfier des gens qui assènent un vocabulaire comme "indéniablement". Existe t-il des éléments probant sur lesquels se baser ?...

Les français de "souche", qui n’existent pas comme ce monsieur le sous entend, existent bel et bien. La France n’a été une terre d’immigration importante qu’à partir du 19eme siècle. Par ailleurs, que cela soit fondé ou non, des français se qualifient de "souche" ; en quoi leur volonté de préserver une culture et une tradition française serait condamnable ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les musulmans et l’immigration en général (le problème de la burqa, des musulmans etc. s’inscrit directement dans cette problématique) ont modifié en profondeur les habitudes et l’environnement des français de souche. Piscine réservée aux femmes, cantines hallal, voile, burqa, quick hallal, prière dans les rues, financement des mosqués par l’état de manière détournée, troubles lors de la victoire/défaite de l’équipe de foot d’Algérie, revendications identitaires multiples... Partout il est de bon ton de mettre en valeur les différences et les cultures étrangères. Les papous sont légitimes quand ils combattent le péril que représente la civilisation occidentale, les français sont racistes quand ils défendent leurs traditions...

3 juin 2010
xavier a dit :
pour dire que certaines minorités (sociales ?!!!) sont moins ceci ou plus cela, cela implique que le contraire s’applique à d’autres. cela veut dire qu’il y a des minorités moins pacifiques, moins tolérantes, moins calmes et moins respectueuses des valeurs et lois de la République que les musulmans… M. Liogier pourrait-il les citer ?

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