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Lundi 22 Mars 2010
Les enseignements du Coran sur la compassion, la paix et l’amour
14 septembre 2009

Ma Miséricorde embrasse toute chose (éd. Tasnîm) de Reza Shah Kazemi.
Les enseignements du Coran sur la compassion, la paix et l’amour

Le mois de ramadan est traditionnellement un moment de regain d’intérêt pour l’islam. Non seulement pour les musulmans lesquels s’apprêtent à vivre un temps fort dans leur foi, mais aussi pour tous ceux qui ont dans leur entourage des croyants qui observent le jeûne de ce mois. C’est alors l’occasion, pour les uns comme pour les autres, de s’interroger sur la signification spirituelle d’un engagement religieux.

Or, lorsque l’on cherche à approfondir sa connaissance de l’islam, le livre – même si les nouveaux médias offrent aujourd’hui des contenus qui sont parfois de grandes qualités – reste le support privilégié et le plus usité. Mais concernant le Texte sacré de l’islam, le lecteur fait très rapidement face à un certain nombre d’obstacles qui se révèlent parfois insurmontables.

Le Coran, en effet, se présente comme un texte sans structure didactique apparente : c’est une compilation de versets révélés sur une période de 23 ans, et réunis en 114 unités appelées sourates. Ces dernières ne traitent jamais d’un sujet de manière exhaustive, si bien qu’il faut une connaissance de l’entièreté du texte pour pouvoir saisir l’enseignement du Coran sur un thème donné. En dehors de cette connaissance – qui doit savoir allier l’esprit de synthèse et l’esprit d’analyse – il y a grand risque de se méprendre sur le Livre sacré de l’islam. L’actualité nous offre, malheureusement, très régulièrement des cas d’école…

L’idée première de l’ouvrage que nous présentons ici part précisément de la constatation que les enseignements coraniques sur la miséricorde sont souvent tronqués voire sciemment déformés. Il est l’œuvre d’un chercheur anglais, Reza Shah Kazemi, éditeur et fondateur de l’Islamic World Report. Il est également l’auteur, entre autres aux ouvrages, de Path to Transcendance[1], The Other in the Light of the One[2], et de Justice and Remembrance : Introduction to the Spirituality of Imam Ali[3].

Le sous-titre du livre introduit d’emblée le lecteur aux différents aspects de la Miséricorde : « Les enseignements du Coran sur la Compassion, la Paix et l’Amour ». L’ouvrage lui-même est composé de deux parties : d’abord une longue introduction visant à offrir une synthèse des différents enseignements coraniques sur la miséricorde (p. 25-51), puis une anthologie réunissant tous les versets qui mentionnent expressément la Miséricorde divine, mais aussi certains versets touchants à des sujets connexes comme la noblesse de caractère ou la générosité (p. 53-118).

Cette anthologie a donc le mérite de mettre en lumière des versets comme : « Repousse le mal par la plus belle bonté » (23, 96) ou encore « l’action bonne n’est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qui est le plus beau en bonté : tu verras alors celui qu’une inimitié séparait de toi devenir pour toi un ami chaleureux. C’est là une chose à laquelle n’atteignent que ceux qui exercent la patience, ceux qui ont reçu une faveur insigne » (41, 34-35). Les versets ne sont pas simplement traduits avec un grand souci de fidélité, ils sont aussi pour la plupart éclairés par des commentaires pertinents.

Le titre de l’ouvrage est tiré d’une expression coranique : Ma Miséricorde embrasse toute chose (Coran : 7, 156). Ce titre évoque déjà l’universalité de la Miséricorde divine. Mais comme le souligne l’auteur, cette universalité – ou omniprésence – de la Miséricorde n’est pas perceptible – tant s’en faut – pour celui qui s’en tient à la surface des phénomènes. C’est pourquoi, dès l’introduction, R. Shah Kazemi souligne la nécessité de comprendre en profondeur les fondements de la spiritualité musulmane :

« La doctrine de l’Unité de Dieu est exprimée dans le premier témoignage de l’Islam : lâ ilâha illa-Llâh, pas de divinité si ce n’est Dieu. Cette unité est conçue sous deux modes complémentaires : elle est à la fois absolument distante, exclusive, transcendant toutes choses, et inéluctablement intime, inclusive, pénétrant toute chose de son immanence. D’une part, ‘‘Il n’y a rien qui Lui soit comparable’’ (Coran : 42, 11) ; et d’autre part, ‘‘Dieu est plus proche de l’homme que sa veine jugulaire’’ (Coran : 50, 16).

C’est dans les termes de cette relation d’intimité, de proximité, d’inclusion, et enfin de compte d’identité que le principe de compassion émerge de la manière la plus claire. Parmi les classiques quatre-vingt-dix-neuf ‘‘plus beaux Noms’’ de Dieu, lesquels sont fondés sur la manière dont la réalité divine se décrit elle-même dans le Coran, nous trouvons des Noms tels que ‘‘Celui qui englobe [embrasse] toute chose’’, ‘‘ L’Infiniment Vaste’’ (al-Muhît ; al-Wâsi‘) ; l’Unité inclusive de Dieu, en vertu de laquelle absolument rien n’échappe à la présence divine, est inséparable de la Miséricorde de Dieu, à laquelle absolument rien ne peut échapper non plus : ‘‘Ma Miséricorde embrasse toute chose’’. »[4]

Le célèbre Ghazâlî (m. 1111) avait bien perçu l’apparente contradiction entre l’affirmation coranique de l’universalité de la miséricorde et l’existence du mal dans la vie quotidienne de l’homme : comment comprendre que Dieu permette que le mal se produise alors qu’étant Tout-Puissant, Il pourrait y mettre fin ? Tout en reconnaissant l’impuissance de l’esprit humain face l’impénétrable sagesse divine, il a recours à l’image de l’éducation parentale :

« Notre réponse est celle-ci : il arrive qu’une mère refuse de soumettre son enfant à la saignée par faiblesse sentimentale, tandis que le père lucide le soumet de force à l’opération. L’ignorant croira que la mère est miséricordieuse et que le père ne l’est pas ; l’intelligent sait que le comportement du père est une expression de sa miséricorde, de sa tendresse et de sa réelle compassion envers son enfant. La mère se comporte, en réalité, en ennemie, sous couvert d’affection, car la souffrance passagère en vue d’un grand bienfait n’est pas un mal, mais un bien ! »[5]

En isolant un Attribut divin et en passant sous silence les autres aspects de la nature divine, Reza Shah Kazemi sait qu’il risque d’être taxé de partialité. Mais mettre tous les Attributs divins sur le même plan et leur accorder la même place centrale revient à ignorer une distinction pourtant classique entre les Attributs de l’Essence (Dhât) – qui relèvent donc de la nature divine – et ceux qui appartiennent aux ‘‘Actes’’ divins (Af‘âl). Ainsi, contrairement à la Miséricorde, la colère divine, s’exprime de manière ponctuelle et ne relève pas de l’Essence, d’où le fameux hadith qudsî  : « Ma Miséricorde l’emporte sur Ma colère. »

« On peut prévoir l’objection suivante à une compilation de cette nature : les versets choisis ne montrent qu’un aspect du message coranique, et en ignorant l’aspect sévère et prompt à la colère, on présente une image trompeuse. Nombreux sont ceux qui, tant au sein qu’en dehors de la foi islamique, ferait une telle objection, et elle est de toute évidence valable, jusqu’à un certain point. Il faut prendre le Coran comme une totalité, et l’équilibre entre la promesse et la menace, entre l’espérance et la crainte, entre la douceur et la rigueur, est continuellement maintenu tout au long du texte.

Une suraccentuation de l’un des éléments au détriment de l’autre, altère l’intégrité du message et diminue l’impact psychologique du texte ‘‘dans sa totalité’’ sur l’âme. Mais c’est précisément ce qui a été fait à notre époque, dans la direction exactement opposée : l’aspect prompt à la colère, sévère, des enseignements islamiques a été présenté d’une manière unilatérale, de telle sorte que, sur un fondement apparemment coranique, on a formulé une théologie de la haine qui sert de façade derrière laquelle une idéologie de toute évidence non islamique peut opérer. »[6]

L’ouvrage de Reza Shah-Kazemi ne se contente pas d’une analyse pénétrante des enseignements coraniques sur la miséricorde divine, il montre aussi comment cette miséricorde doit rayonner en l’homme. Elle doit rayonner sous la forme de la générosité mais aussi – et surtout – sous la forme de la compassion :

« Sur le plan humain, la ‘‘compassion’’ – la faculté d’appréhender autrui et d’être avec lui dans ses souffrances (en latin, cum = avec ; pati = souffrir) – n’exprime pas qu’un sentiment humain, mais aussi un pressentiment spirituel ; la compassion procède avant tout de notre sens inné de l’unité qui relie tous les êtres humains entre eux. S’adressant à l’ensemble de l’humanité, le Coran déclare : ‘‘Votre création et votre résurrection sont pour Lui comme celle d’un seul être’’ (Coran : 31, 28). Les limites nous séparant de tous les autres êtres sont rendues transparentes à la lumière de l’unité intrinsèque de l’humanité. Et cette unité de l’humanité est elle-même un reflet de l’unité de Dieu. »[7]

Dans cette perspective, l’auteur illustre de manière pertinente le rayonnement de la miséricorde divine en l’homme par un ensemble d’exemples vivants, tirés de la longue histoire du monde musulman. C’est ainsi qu’il cite la conduite de Saladin après sa victoire décisive sur le royaume des Croisés chrétiens à Jérusalem en 1187.

Sa noble conduite empreinte de générosité et de compassion envers les vaincus est une belle illustration des enseignements coraniques. L’attitude de Saladin est d’autant plus belle qu’elle intervient moins de cent ans après le sac barbare de la ville et le massacre aveugle de ses habitants par les Croisés chrétiens en 1099. Mais, ne voulant pas se limiter à des exemples tirés de la période classique, notre auteur cite le témoignage bouleversant d’une personnalité bosniaque de premier plan, le professeur Rusmir Mahmutčehajič qui fut vice président de Bosnie :

« ‘‘Plus d’un millier de leurs mosquées ont été détruites, plus de 150 000 personnes massacrées, plus de 50 000 femmes et jeunes filles violées, et plus d’un million de gens expulsés de leur maison. Les forces obscures du mal humain ont affecté tous les aspects de leur existence – d’où le danger que les souffrances subies par ces gens les radicalisent au point d’adopter le comportement des auteurs de ces crimes. L’autre option est de réaliser la vraie signification de la première image, la mosquée, et de s’y tenir en faisant face aux besoins immédiats d’affronter ce mal, de l’analyser et de l’identifier. L’image de la mosquée et la réalité des massacres offre une gamme de possibilités s’échelonnant de la plus haute - emprunter la voie verticale - à la plus basse : s’abandonner à la colère.’’

La réponse de Mahmutčehajič ? Suivre l’injonction du Coran :

‘‘ L’action bonne n’est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qui est le plus beau en bonté : tu verras alors celui qu’une inimitié séparait de toi devenir pour toi un ami chaleureux. C’est là une chose à laquelle n’atteignent que ceux qui exercent la patience, ceux qui ont reçu une faveur insigne. (Coran : 41, 34-35)’’ »[8]

On ne saurait passer sous silence l’avant-propos de Patrick Laude[9]. Bien que bref, il donne au lecteur quelques clés nécessaires pour comprendre pourquoi l’islam contemporain donne parfois une image de lui-même très éloigné des enseignements coraniques. Patrick Laude fait preuve d’un remarquable sens des proportions dans sa façon d’appréhender ‘‘les formes de violences haineuses et indiscriminées’’ se réclamant de l’islam :

« Ainsi envisagés, les actes et paroles moralement inacceptables de ceux et celles qui se réclament aujourd’hui de l’Islam pour les justifier ne saurait premièrement être considérés que comme marginaux. Il convient en particulier de souligner que si la majorité des Musulmans étaient aussi violents et fanatiques que le colportent les média occidentaux le monde entier serait à feu et à sang. Près d’un milliard et demi d’êtres humains sont musulmans aujourd’hui sur une population mondiale de six milliards et 700 millions, soit un peu moins d’un être humain sur quatre : ce seul fait permet de relativiser le tableau alarmiste dressé par trop d’analystes intéressés à jeter de l’huile sur le feu des passions humaines. […] »[10]

Après une analyse précise des dérives qui dénaturent l’islam et un rappel du caractère central de la miséricorde et de la compassion dans la spiritualité musulmane, il clôt sa préface par ces paroles salutaires :

« Il suffit d’avoir tant soit peu côtoyé des Musulmans abreuvés à l’authentique source traditionnelle de leur tradition pour savoir que cette miséricorde rayonne dans les âmes et dans les cœurs en gerbes de compassion et de générosité. »[11]

Comme on le sait, la générosité du musulman et sa compassion envers les plus démunis s’expriment avec ferveur lors du mois de Ramadan. En plus des dons librement consentis, ce mois se conclut par une aumône obligatoire (zakât al-fitr) afin que chaque famille puisse se réjouir lors de la fête de l’Aïd.

Pour conclure, ajoutons que les éditions Tasnîm – jeune maison fondée en 2006 – ont certainement voulu être fidèles au contenu de l’ouvrage en le proposant à un prix très accessible. Et par les temps qui courent, agir ainsi est déjà faire preuve de générosité et d’une certaine… compassion.



[1] I. B. Tauris & Co Ltd, Londres et New York, 2006.

[2] World Wisdom, Bloomington, 2006.

[3] The Islamic Texts Society, Cambridge, 2006.

[4] p. 26.

[5] Cité dans notre ouvrage, Les Enseignements spirituels du Prophète, éd. Tasnîm, 2008, vol. I, p. 96.

[6] p. 50-51.

[7] p. 25.

[8] p. 47-48.

[9] Professeur à Georgetown University (Qatar). Il y enseigne la littérature française et les religions comparées. Un de ses séminaires porte sur l’islam dans la littérature et la culture françaises.

[10] p. 19.

[11] p. 22.

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Tayeb Chouiref

Traducteur et écrivain, il est spécialiste de la mystique musulmane et mène actuellement des recherches sur d’importants développements du soufisme et du Hadith en Egypte ottomane. Tayeb Chouiref est également l’auteur du livre « Les enseignements spirituels du Prophète » éd. Tasnîm, 2008.(Recueil de hadiths authentifiés commentés par les grands maîtres de la spiritualité musulmane). Il a aussi traduit des ouvrages d’al-Ghazâlî et d’Ibn ’Arabî.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article : Les enseignements du Coran sur la compassion, la paix et l’amour

19 septembre 2009
Français musulman a dit :

@Amel,

Je crois que vous n’avez pas bien compris les propos de Imed.

Il dénonce le fait que certains musulmans appellent à ne pas donner d’aumône aux non musulmans alors qu’eux même percoivent des allocations familiales, qui est une sorte d’aumône d’état, de la part de non musulmans.

Personnellement, j’ai été chôqué par le récit de Imed. Le fait qu’on interdise à donner l’aumône à des non musulmans c’est d’un racisme épouvantable.

19 septembre 2009
Français musulman a dit :

@Shanez,

Avez-vous vraiment lu mon message ?

Vous dites que je m’arrête uniquement sur la mort de cette enfant de 12 ans, je ne vais pas me répéter, j’ai cité plusieurs injustices qui me choquaient autant que la mort de cette enfant.

D’autre part, le fait que vous justifiez le silence de beaucoup de musulmans face aux atrocités des extrémistes me sidére.

C’est comme si un occidental justifiait le silence d’une majorité d’occidentaux face aux crimes de certains occidentaux.

Vous dites que c’est achever le cheval qui est à terre. Vous n’avez rien compris. C’est plutôt parce qu’on ne balaie pas assez devant notre porte que d’autres se permettent de le faire à notre place.

Une communautée qui condamme ses extrémistes, s’en sort toujours grandit et gagne le respect.

Posez-vous la question, pourquoi on s’en prend plus aux musulmans qu’aux boudhistes par exemple ?

17 septembre 2009
oraison a dit :
Merci M.Chouiref pour cette article et pour vos autres articles : ils possèdent l’étonnante faculté de dissiper beaucoup de zones d’ombre. Notamment celles crées par des personnes peu scrupuleuses et des médias très rarement objectifs.
16 septembre 2009
Amel a dit :

A Imed : Mais qu’est ce donc cette reflexion limite front national que vous nous balancez là :

"Contradictoirement, ils ne se gênent pas de demander les allocations" ?

Les allocations sont un droit, ils sont prélevés sur nos salaires et sont destinés aux familles qui ont des enfants.

Et je ne vois pas ce qu’il y a de contradictoires de les demander. D’autant plus que la catégorie de personnes qui les demandent en ont besoin car souvent percevant des salaires inférieurs à la moyenne française.

Votre réfléxion est lamentable et indécente, elle suinte les préjugés xénophobes de l’immigré profitant du pays alors que c’est le pays qui profite de l’immigré !

Je crois que votre c"olère et votre haine" comme l’écrit Amazone, vous fait perdre la raison car là vous vous égarez !

16 septembre 2009
amazone a dit :

A Imed : Non la pauvreté n’est pas une fatalité, mais elle existe, elle se combat mais ne disparait pas pour autant. A moins de vivre dans un monde parfait où les plus riches ne dévorent pas la part des plus pauvres ...un monde qui n’existe dans nos rêves mais vers lequel "les hommes et les femmes vrais" tentent de converger. En attendant, la réalité est là, il existe des pauvres, et l’état et la collectivité ce sont aussi vous et moi...

Quant à votre question :" quand est-ce que le musulman généreux va diriger sa générosité envers le non musulman après avoir éradiqué la pauvreté dans son pays ?!" La réponse est dans votre question.

Pour ce qui est de votre conclusion : je crois que vous n’avez justement pas compris le sens du texte que vous venez de lire, car vous êtes habitée par la colère et la haine.

16 septembre 2009
Shanez a dit :

A Français musulman : Je m’étonnais que dans ce flot d’horreurs qui se deverse sur notre planète, votre compassion s’arrête à la mort, certes douloureuse, d’une enfant de 12 ans ?

Des filles de 12 ans et moins il en meurt tous les jours en Irak, en Afghanistan et ailleurs...elles meurent non pas par le fait de l’ignorance de leurs pères, mais par l’intelligence diabolique de leurs bourreaux !

Quant à votre question :"Pourquoi très peu de condamnations de la part de notre communautée, lorsque des extrémistes musulmans..." ? Pour la simple raison que d’autres se chargent de condamner la communauté musulmane, pour la simple raison qu’au delà de la condamnation les actes ont suivis et conduits à la création des camps de Guantanamo ! Doit-on en plus, nous qui sommes issus de cette communauté achever le cheval qui est à terre ? Je crois que d’autres aprés avoir mis le cheval à terre, se chargent en plus de l’abattre et ce mieux que nous ne pouvons le faire...

16 septembre 2009
imed a dit :
@amina « C’est bien joli de faire des analyses théoriques » « Première étape : chassons de nos coeurs toute haine et toute rancune et oeuvrons pour la paix et la justice... » Il ne s’agit pas de haine ni de rancune mais évidemment par « des analyses théoriques » que Mohammed SAWS avait commencé. Les premiers musulmans ont commencé par les quelques sourates voir même les quelques versets qui étaient en leurs possessions pour tracer leur chemin. Si on jette un coup d’œil sur la renaissance des autres peuples, on constate qu’ils ont procédé pareillement ou presque. Ils ont commencé par mettre au moins les grandes lignes de ce qu’ils cherchaient à obtenir. Dans beaucoup de cas on fait recours aux stratégies les plus sataniques pour réduire des peuples à néon et en même temps on parle de paix ! Ou sommes nous des accords d’Oslo que les palestiniens ont accepté (sans entrer dans les détails de cet accord). Laissons de coté ces guerres, projetons notre paix à travers ce verset "C’est par une miséricorde venant de Nous que tu as pu être doux envers eux. Sans cela, ils ne t’auraient fui..." (Coran : 3, 159) sur la réalité vécue. Est-ce qu’elle est appliquée même entre musulmans ? Je finis par cette anecdote. La prière du vendredi dernier, dans une des salles de prière, a été dédiée à la générosité à laquelle a appelé l’Islam. A la sortie, un des prêcheurs s’est mis à faire un appel de ne pas donner aux mendiants qui réclament l’aumône pour l’amour de Dieu (Fi Sabil Allah), car ils ne sont musulmans. J’ai vainement tenté de rappeler cette personne du discours du vendredi, dans lequel l’imam a évoqué par exemple le don de troupeau de brebis fait par le Prophète à un non croyant ce qui lui encouragé ainsi que sont tribu à se convertir à l’Islam. J’ai déployé vainement une autre stratégie avec la personne en question en lui rappelant que ce qui est en train de dire est du racisme et de la discrimination qui vont à l’encontre des principes fondamentaux de l’Islam. J’ai donné à mon tour quelques sous à une de ces mendiantes. Curieusement je me fais attraper par un autre, mais nettement plus jeune cette fois-ci, m’exhortant à faire cette offrande plutôt à la mosquée qu’à ces personnes ! Contradictoirement, ils ne se gênent pas de demander les allocations. La théorie précède la pratique n’est-ce pas ? Ils ne l’ont pas appelé de l’aumône. A mon avis un débat sérieux doit se mettre en place entre ceux qui se veulent laïcs et parlent de droits et ceux qui se réclament avoir fait « la paix des braves ». Mes excuses si me trompe.
15 septembre 2009
Ahmed a dit :
Ma cha Allah. Très bel article. Le livre mérite vraiment d’être lu et diffusé. Ramadan Karim à tous les jeuneurs.
15 septembre 2009
Amina a dit :
@Imed : C’est bien joli de faire des analyses théoriques quand on a rien vécu des épreuves endurées par les Palestiniens, les Bosniaques (et la liste n’est malheureusement pas exhaustive) pour leur dire comment ils doivent réagir à tout cela. Ce livre et ce texte nous rapportent l’attitude exemplaire d’hommes qui tout en ayant vécu des atrocités ne sont pas tombés dans le cercle infernal de la haine. L’exemple du vice président bosniaque Mahmutčehajič est admirable, et il n’a rien de théorique. Croyez-vous que sa spiritualité l’a empêché d’oeuvrer pour la paix et la justice ? Vous voulez construire ? Etre efficace ? Première étape : chassons de nos coeurs toute haine et toute rancune et oeuvrons pour la paix et la justice en laissant rayonner en nous la miséricorde divine. C’est ainsi qu’était notre Prophète bien-aimé (PSL). Le Coran nous rappelle comment il a pu unifier les Arabes qui vivaient dans la guerre perpétuelle,afin de construire une communauté :"C’est par une miséricorde venant de Nous que tu as pu être doux envers eux. Sans cela, ils ne t’auraient fui..." (Coran : 3, 159) En un mot : il n’y a pas que le matériel, l’économie et la politique (même s’il en faut), il y a aussi, et surtout, les forces spirituelles. C’est de notre intériorité la plus profonde que peuvent venir les changements dont les hommes ont besoin. Salâm wa rahma.
15 septembre 2009
Elisabeth L. a dit :
J’ai lu ce livre pour la première fois il y a deux mois et je me suis dit : "Il faut le faire découvrir à tous ceux qui ignorent l’islam !" Puis je l’ai relu durant ce mois de Ramadan et je me suis dit : "Il faut le faire lire à tous ceux qui connaissent l’islam !" En réalité, il est simple et accessible mais il est aussi puissant et profond. Que l’auteur du livre et celui de l’article soient mille fois récompensés.
15 septembre 2009
Imed a dit :

**

"Après une analyse précise des dérives qui dénaturent l’islam et un rappel du caractère central de la miséricorde et de la compassion dans la spiritualité musulmane, il clôt sa préface par ces paroles salutaires :

« Il suffit d’avoir tant soit peu côtoyé des Musulmans abreuvés à l’authentique source traditionnelle de leur tradition pour savoir que cette miséricorde rayonne dans les âmes et dans les cœurs en gerbes de compassion et de générosité. »[11]

Comme on le sait, la générosité du musulman et sa compassion envers les plus démunis s’expriment avec ferveur lors du mois de Ramadan. En plus des dons librement consentis, ce mois se conclut par une aumône obligatoire (zakât al-fitr) afin que chaque famille puisse se réjouir lors de la fête de l’Aïd. "

On dirait que la pauvreté est une fatalité et les quelques sous donnés par certains généreux va résoudre les vrais problèmes du nécessiteux ?! Il a oublié ce monsieur l’autre exhortation prophétique qui incite à les [pauvres] enrichir. On dirait que le pauvre est condamné à attendre la générosité du musulman, et non de l’Etat et la collectivité qui doit lui assuré un travail décent et une vie digne etc. quand est-ce que le musulman généreux va diriger sa générosité envers le non musulman après avoir éradiqué la pauvreté dans son pays ?!

**

"« Repousse le mal par la plus belle bonté » (23, 96) ou encore « l’action bonne n’est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qui est le plus beau en bonté : tu verras alors celui qu’une inimitié séparait de toi devenir pour toi un ami chaleureux. C’est là une chose à laquelle n’atteignent que ceux qui exercent la patience, ceux qui ont reçu une faveur insigne » (41, 34-35)."

C’est bien jolie toutes ces citations. Néanmoins, pensez-vous que dans ce cas de bosniaque ou les palestiniens, vont penser à : ; "Repousse celle-ci par ce qui est le plus beau en bonté" !!! Je pense que notre islam a besoin d’être structuré. Cela nous demande de mettre pieds sur terre.

15 septembre 2009
Français musulman a dit :

@Shanez

"Vous ne retenez que la mort de cette jeune fille, victime de la stupidité et de l’ignorance de son père, pourquoi ?"

Vous ne retenez que la mort des musulmans, pourquoi ?

Et toutes ces femmes opprimées en Afghanistan, Arabie Séoudite, Soudan ...

Et ces petites filles afghanes dont le visage a été brulé avec de l’acide par les talibans, uniquement parce qu’elles avaient eu le "tort" de se rendre à l’école.

Je pleure pour ces filles, ainsi que pour ces enfants palestiniens, israëliens, bosniaques, du Darfour, irakiens, afghans ... qui meurent sous les bombes de criminels.

Ces criminels étant aussi bien des musulmans que des non musulmans et ces vicitimes étant aussi bien des musulmans que des non musulmans.

Pourquoi très peu de condamnations de la part de notre communautée, lorsque des extrémistes musulmans, s’explosent pour tuer des civils irakiens ou afghans, ou lorsqu’un génocide est commis au Darfour ?

14 septembre 2009
Shanez a dit :
A un musulman qui pleure : Et cela vous inspire quoi : En Bosnie « ‘‘Plus d’un millier de leurs mosquées ont été détruites, plus de 150 000 personnes massacrées, plus de 50 000 femmes et jeunes filles violées, et plus d’un million de gens expulsés de leur maison." ? Ces horreurs font t-ils le poids face à la triste mort de cette jeune fille ? Combien de filles de cet âge, voir encore plus jeunes, sont mortes psychologiquement ou physiquement aprés avoir été violées en Bosnie durant la guerre ? Vous ne retenez que la mort de cette jeune fille, victime de la stupidité et de l’ignorance de son père, pourquoi ?
14 septembre 2009
Amina a dit :
Bismillah ar-Rahman ar-Rahim : Au Nom de Dieu le Miséricordieux, le Compatissant. Je crois que je n’ai jamais utilisé cette formule avec autant de lucidité. Un grand merci pour la présentation de ce livre qui correspond vraiment à une attente forte que j’ai depuis longtemps. Je dois bien sûr ne pas être la seule personne dans ce cas.
14 septembre 2009
un musulman qui pleure a dit :

« Ma Miséricorde l’emporte sur Ma colère. »

NON pas quand je lis que au Yemen,une fillette est mariée de force par son père à l’âge de 11 ans et qu’elle meurt à l’âge de 12 ans en accouchant.

Là où tu es, repose en paix petite fille, tu es en droit de ne pas pardonner ceux qui t’on infligé tant de souffrances, oui, tu es en droit d’être horrifiée par le silence des musulmans complices de tels crimes. Je ferai une prière pour toi vendredi mon petit enfant violenté.

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