Ne leur dites pas que je suis français, ils me croient arabe

Alors que dans les stades des cinq continents, adversaires, supporteurs et coéquipiers m’ont toujours considéré comme un Français, en politique j’ai dû montrer patte « beur ». Au RPR, puis à l’UMP, on m’assignait une tâche ethnique : je devais faire l’Arabe de service pour racoler mes semblables afin qu’ils adhèrent au mouvement gaulliste.

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Vendredi 3 Septembre 2010
Ne leur dites pas que je suis français, ils me croient arabe
30 octobre 2006

Le droit à l’indifférence

Je suis engagé en politique depuis plus de dix ans. À droite, naturellement. Contrairement à ce que fait croire la culture dominante de gauche, les valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants les parents originaires du Maghreb ne sont pas de gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique de ce qu’il convient d’appeler la droite que de la permissivité censément être de gauche. Je suis donc fidèle à mon éducation.

Je suis membre du bureau exécutif du parti radical (UMP), parti de Jean-Louis Borloo, et membre de la majorité parlementaire. Après avoir combattu sur les tatamis du monde entier au sein de l’équipe de France de judo, j’ai voulu rendre ce que la République méritocratique m’avait donné : une citoyenneté, un statut et une ambition.

Alors que dans les stades des cinq continents, adversaires, supporteurs et coéquipiers m’ont toujours considéré comme un Français, en politique j’ai dû montrer patte « beur ». Au RPR, puis à l’UMP, on m’assignait une tâche ethnique : je devais faire l’Arabe de service pour racoler mes semblables afin qu’ils adhèrent au mouvement gaulliste.

Ce livre raconte mon combat contre le communautarisme que tant d’hommes politiques, de droite comme de gauche, affirment, la main sur le cœur, combattre. Cependant, contrairement aux habituels débats sur le sujet, il sera ici uniquement question du communautarisme d’« en haut », celui que les élites politiques pratiquent dès lors que les caméras s’éteignent et que les stylos sont rangés.

Certes, il est difficile de définir le communautarisme. Ses partisans, en général favorables au modèle d’organisation sociale anglo-saxon, le décrivent comme l’aboutissement de la société idéale qui respecterait toutes les différences, ethniques, culturelles, religieuses, sexuelles, etc., et où les libertés individuelles primeraient sur les intérêts de l’État-nation qui n’aurait alors plus sa raison d’être.

Ses détracteurs invoquent l’Ancien Régime, cette France constituée d’un agrégat d’individus désunis où chaque ordre, le clergé et la noblesse surtout, vivait selon ses propres intérêts sans tenir compte de l’État. Après la Révolution, lorsque la France se constitue en État-nation, l’État n’est plus le roi, mais le peuple, tous les Français liés par un intérêt commun ; la seule distinction provenant du mérite des uns et des autres.

C’est un débat important que nombre d’intellectuels ont entrepris d’éclairer. Mais il sera absent de cet ouvrage. Jusqu’à présent, c’est l’intellectuel ou le politique qui décrit le phénomène commu- nautariste, pointant du doigt, voire mettant en accusation le peuple, dont une partie se rendrait coupable de dérives communautaristes : les musulmans ou les homosexuels, par exemple. Certes !

Mais de mon point de vue, ainsi posé, le débat est biaisé. Parce que, en réalité, ce sont bien les élites qui instaurent ce système et non les citoyens. Ce sont les politiques qui suscitent les demandes. Un exemple : le débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Quand on observe de près les politiques qui s’y opposent, on remarque qu’il existe dans leurs communes une forte communauté arménienne. C’est notamment le cas à Marseille. Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire, se comporte comme si tous les Arméniens étaient hostiles à l’adhésion de la Turquie.

Voilà où commence le communautarisme d’en haut. Les élites supposent ou prêtent un comportement ethnique et émotionnel à une partie des Français. L’individu, ici l’Arménien, est réduit à n’être qu’un représentant plus ou moins typique de ce que le sénateur-maire imagine être le groupe dans sa nature abstraite ou son essence. Dans le cas de la Turquie, les citoyens français de descendance arménienne sont aussi divisés que n’importe quel citoyen dont l’histoire ne comporte pas d’épisodes tragiques avec la Sublime Porte. On peut multiplier les exemples et les situations à l’infini.

Quand le maire socialiste de Montpellier mit le drapeau français en berne au fronton de son hôtel de ville en 1984 pour protester contre la visite en Algérie de Claude Cheysson, alors ministre socialiste des Relations extérieures, pour commémorer le trentième anniversaire du début de l’insurrection, ce n’était pas par conviction politique, mais bien parce que sa ville compte un important contingent d’électeurs rapatriés d’Algérie.

Ou encore lorsque les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale investissent un candidat à Sarcelles, dans le Val-d’Oise, ils le choisissent de confession juive, simplement parce que cette commune compte un nombre important de citoyens de cette religion.

Il est temps d’éclairer nos concitoyens sur le double discours des politiques, qui font croire aux électeurs qu’ils combattent le communautarisme alors qu’ils le fabriquent de manière tout à fait consciente. Et pourtant, avec l’aide d’une grande partie des médias, ils réussissent à faire croire que ce sont les minorités qui appelleraient le communautarisme de leurs vœux.

À droite comme à gauche, on essaie d’organiser le communautarisme. Certains s’en cachent encore ; d’autres, tels que Nicolas Sarkozy, l’affirment déjà. C’est le parti socialiste qui a ouvert la voie. Une partie de la droite a suivi, pensant que cette façon d’ordonnancer la société pourrait l’amener au pouvoir, et surtout le conserver.

Longtemps, les politiciens ont méprisé les gens dits « issus de l’immigration », qu’ils soient de première, de deuxième, voire de troisième génération. Nos parents baissaient la tête lorsqu’ils sortaient de la maison : ils ne se sentaient pas chez eux, car à aucun moment on ne leur avait dit ou même fait remarquer qu’ils étaient des citoyens comme les autres.

Pis encore, le discours se voulait ouvert, mais dans les mots seulement : « Oui, vous pouvez payer les taxes et les impôts », « Oui, vous pouvez enrichir la France en faisant des enfants lorsque la France souffre de sa démographie ! », surtout lorsque le renouvellement des générations n’est pas assuré alors que la France repose sur un système mutualiste. « Oui, vous pouvez vivre sur le territoire français ! », mais surtout pas en centreville. « Oui, vous pouvez et devez vivre tous ensemble ! », car la mixité sociale, ethnique ou religieuse on en veut, certes, mais pas devant chez nous. « Oui, vous pouvez aller à l’école ! », mais surtout restez entre vous et ne venez pas vous mélanger au reste de la population vivant dans les résidences ou dans les secteurs pavillonnaires.

D’ailleurs ne critique-t-on pas telle ou telle école, non parce que les professeurs sont plus mauvais qu’ailleurs, mais tout simplement parce que ses effectifs sont trop colorés ? « Oui, vous pouvez avoir des activités sportives ! », mais, pardonnez-nous, si possible dans vos quartiers avec des installations et de l’encadrement… pas forcément les meilleurs, mais surtout n’allez pas en centre-ville pratiquer votre sport, le prix déjà est dissuasif et, pour le transport, débrouillez-vous ! « Oui, vous avez accès à la culture », mais pardonnez-nous encore, pas en centre-ville, le prix est prohibitif. Alors, que dire à son enfant ? « Ce n’est pas bien grave, tu joueras de la darbouka, cela coûte moins cher ! »

Voilà, en résumé, la réalité qui favorise le communautarisme. Et ce sont bien les élites politiques qui ont tenu ce discours et mis en place cette pratique en regroupant les écoles, les collèges, les supermarchés, les équipements sportifs dans un même quartier, empêchant ainsi toute mixité sociale et culturelle. Ce ne sont pas les minorités ethniques qui déposent le permis de construire de l’école ou qui donnent leur accord pour ouvrir un supermarché en bas de leur immeuble.

Parlons aussi des faux amis de la gauche. On peut dire qu’ils aiment les minorités visibles tant qu’il s’agit de tenir un stand de merguez ou pour prêter une salle lors de la célébration de l’Aïd El- Kébir. Mais quand il s’agit de permettre l’accès à des postes d’employés communaux, cela devient tout de suite plus compliqué. Je ne demande pas qu’ils viennent faire la danse du ventre ou manger des makroudes, ou encore s’avaler un couscous, mais tout simplement qu’ils acceptent cette population au même titre que les autres, sans favoritisme ni discrimination positive, sans charité ni pitié.

Je réclame simplement le droit à l’indifférence, qu’on ne fasse pas attention à vous malgré vous, car, aujourd’hui, nous assumons tous nos devoirs en respectant les lois de la République, en étant aussi des acteurs économiques. Le droit à être différent ne veut pas dire être soumis à un traitement différent de celui des autres. Oui, on peut être jaune, noir, métis ou marron et être français ; je n’y vois aucune incompatibilité.

La couleur blanche n’est pas obligatoire pour être français. C’est même une chance que d’avoir un look hors du commun. Beaucoup ont oublié que nous sommes sous le régime du droit du sol et non du droit du sang, ce qui signifie que tout individu né sur le territoire peut demander la nationalité française. N’oublions pas que la France a un passé colonial et dans les DOM et les TOM il n’y a pas que des Blancs.

Oui, on peut s’appelerRachid, Bakari, Enzo, Rocco, Manuel ou Kim et être français. Je ne connais aucune loi qui interdise en France d’avoir un prénom hors du calendrier catholique. On me demande souvent comment je peux être français et m’appeler Mourad. Je ne veux pas changer mon identité comme certains l’ont fait pour être acceptés en tant que Français. C’est un patrimoine culturel et je ne vois aucune importance de changer de prénom ou de nom pour être considéré à égalité.

Oui, on peut être athée, agnostique, musulman, juif, bouddhiste ou protestant et être français. Nous avons la chance extraordinaire que nos responsables politiques, au début du siècle dernier, aient créé la laïcité qui offre à tout un chacun le droit de choisir ou de ne pas choisir une religion. La religion, oui, mais dans un cadre privé et non public et politique. En conséquence, on peut être juif, bouddhiste ou musulman et être français. On se trompe quand on critique ceux qui se revendiquent français et musulmans : la France n’est plus un pays uniquement catholique.

Le communautarisme, à quel prix ? Celui d’une division de la République en intérêts particuliers et parfois contradictoires. On voudrait transfor- mer notre vieux pays en États-Unis de France. Ce n’est pourtant ni notre histoire ni notre culture. Et cette façon de vouloir faire plaisir aux uns et aux autres a de très lourdes conséquences : d’une part, la violation des valeurs de la République, qui parle d’« þégalitéþ » entre les citoyens, c’est-à-dire les mêmes droits et devoirs pour tous, tandis que, d’autre part, certains hommes politiques habiles profitent de ce mode de gestion pour favoriser l’enfermement d’une catégorie de Français en pratiquant la surenchère.

Mes propos sont illustrés de faits vécus et non de résumés de rapports officiels ou d’études sociologiques au rabais. J’ai choisi le chemin le plus difficile pour faire de la politique en essayant de me préoccuper de l’ensemble des problèmes ou des réponses à apporter à tous les Français sans distinction particulière.

Dénoncer la réalité ne m’apportera pas que des amis dans le monde politique qui fait ses emplettes sur un marché où tout est à vendre : les gens, les valeurs, jusqu’à son âme. Au grand bénéfice des extrêmes. Et si aujourd’hui un de Villiers peut reprendre sans faire de vagues les propos de Le Pen ou de Mégret sur la soi-disant islamisation de la France, c’est que d’autres lui ont ouvert la voie. Des gens très respectables. Merci Malek Boutih, merci Julien Dray, merci Alain Finkielkraut, merci Nicolas Sarkozy…

Les élites politiques organisent le communautarisme pour séduire et faire passer un minimum de réponses à un maximum de personnes. Alors on particularise les citoyens : il y a les Français issus de l’immigration, les Français musulmans, les Français homosexuels… et quand la méthode échoue, on crée des satellites, à l’image de SOS Racisme ou Ni Putes Ni Soumises au PS, ou Gay Lib à l’UMP…

Extrait du livre de Mourad Ghazli, "Ne leur dites pas que je suis français, ils me croient arabe" aux éditions Presses de la Renaissance, 2006.


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Mourad Ghazli

Membre du bureau exécutif du parti radical (UMP), président fondateur du Club France-Fraternité, Mourad Ghazli a 32 ans. Fils d’ouvrier communiste, il a grandi dans un quartier HLM d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), avant de s’installer à Paris à l’âge de 17 ans, pour entrer à l’Insep. Champion du monde de jujitsu, membre de l’équipe de France de judo, il combat aujourd’hui pour l’égalité de traitement.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article : Ne leur dites pas que je suis français, ils me croient arabe

20 décembre 2007
aubagnais comme toi a dit :
Le francais moyen part le matin travailler et rentre tard le soir , sa seul distraction et le saturage mediatique assuré par une certaine categorie de la population (qui je pense ne souhaite pas le changement des mentalité affirmé par mourad gahzli).Alors quand on balance a tout bout de champs toujour le meme stereotype de l’etranger ,au final voila la france d’aujoud hui .
12 décembre 2006
"surtout n’allez pas en centre-ville pratiquer votre sport, le prix déjà est dissuasif et, pour le transport, débrouillez-vous ! « Oui, vous avez accès à la culture », mais pardonnez-nous encore, pas en centre-ville, le prix est prohibitif."
D’un coté vous sous-entendez qu’il faudrait baisser les prix pour l’accès a la culture en centre-ville ainsi que le sport et d’un autre coté vous ne dites "mais tout simplement qu’ils acceptent cette population au même titre que les autres, sans favoritisme ni discrimination positive, sans charité ni pitié."...
Ces deux notions en elle-même se contredisent mais sur l’ensemble de votre article je suis assez d’accord avec vous à savoir que la nationnalité française vient du droit du sol et non du sang... on peut s’appeler mouloud, aicha ou mohammed en étant français ça me semble évident mais la question à se poser est plutot vers les autres français.. Parfois je me questionne sur le fait que ça vienne des politiques ou des français eux memes ce sentiment de rejet de l’autre... peut-etre que la nature humaine se ferme en période de récession....
Quoiqu’il en soit la discrimination positive pronnée par le président de votre parti ne pourra rien y changer bien au contraire.. à trop jouer à ce jeu on stigmatise une parti de la population au détriment d’une autre qui peut voir sa colère monter...
8 novembre 2006
reedouanos a dit :
Bravo pour votre sincérité !!! Vous dites tout haut ce que bon nombre de personnes pensent tout bas, au risque de déchaîner l’incompréhension de vos détracteurs. La vérité n’est pas toujours bonne à dire mais c’est comme ça. Ca me rassure de voir que l’on a raison de ne pas avoir confiance en des politics qui sont les rois de la démagogie et qui derrière sont les premiers à vous montrer du doigt :"Le problème...c’est toi !regarde-toi dans un mirroir, t’as vu ta tête...décidemment tu veux pas t’intègrer !"Le jour où il comprendront qu’ils ne sont pas les mètre-étalon de l’échelle de l’intelligence et de la beauté...la diversité est une richesse ! Nous sommes en 2006 et avec tout ce que la France a connu, ces brillants enarques ont toujours besoin d’"arabe de service". Vive la démocratie à la française !
4 novembre 2006
erouan a dit :
Et oui le francais est celui qui est né en france comme vous le dite selon le droit du sol la question ne sepose tuas des ppiers francais tu es francais , le regard de l’autre ne doit pas nous ameneé a adopte une pensee un style different de ce que nous sommes. Penser que nous ne souhaitons pas plaire a l’autre c’est deja ce poser par rapport au regard de l’autre .... Hors nous sommes francais c’est le droit qui le dit et nous pouvons construire la france qui nous plais mais cela passe par le fait de s’engager et de ne pas regarder les autres enfin pas tout le temps car c’est aussi en ayant une pensee pour le bien de tous que l’on ce dois d’avancer ...
2 novembre 2006
Reviens Léon a dit :

Je vis en France et depuis 31 ans, mais franchement, je ne vois pas pourquoi j’irai pleurer et dire "oui je suis français moi aussi." pour que l’on me réponde "ben si t’es français, c’est comme ça comme ci et oublie ton nom".

Je suis debout et je n’ai surtout pas honte de ce que je suis, que ceux qui haïssent font ce que nos parents ont fait et que l’on parle un peu de ce que la génération des années 60-70 à vécu (la France c’est mieux que le reste du monde, je sais mais je ne partage pas ce point de vue et je le dis. Et c’est pas un gars qui va aux US rendre compte à lobbies extrémistes boycottant la France, qui a des leçons à me donner).

Plutôt que de pleurer, il faut agir. C’est tout de même fort qu’autant de personnes puissent être insultées, diffamées, accusées, ridiculisées, infantilisées, harcelées sans quasiment réagir.

Je ne crois pas à l’action dans un parti politique tel que le PS ou l’UMP, je crois à l’action sur le terrain. Plusieurs petites gouttes, sans se le dire, peuvent venir à bout de tous les barrages...

La France est malade et elle compte sur nous pour guérir

1er novembre 2006
seif a dit :
je sais pas dans quel pays vous vivez ,mais je sais moi qui suis né ici en france depuis 43a ,nous sommes toujours traités comme des fils d indigenes, voir pire ,qu une acceptations de facades ,malheureusement.
1er novembre 2006

Je me demande si Mourad Ghazli n’essaie pas sunoisement de tous nous convaincre d’être de gauche.

Mais bon de gauche ou de droite suivre Sarko, cela relève de la pathologie.

Antoine,

Ce que tu dis est amusant. Tu tiens visiblement pour acquis de drôle de vérités. En ce qui concerne le Coran, les musulmans eux-mêmes ne prétendent pas le comprendre et le connaître ( c’est pour ça qu’il y a tout une organisation complexe autour du savoir et non pas autour du pouvoir donc pas de pape).

je pense qu’il vaudrait mieux s’en tenir aux faits et c’est déjà pas si simple. Expliquer ce qui se passe en Iraq, en Afganistan, en Palestine, au Liban (pour ne s’en tenir qu’à l’actualité) en se basant sur des conflits de religions ou des problèmes de fanatisme est à mon avis niais. Je pense que les écrans de fumée que tu cites, servent avant tout à justifier les crimes et les colonisations : "ce sont des sauvages vous comprenez".

Une fois j’ai chatter avec un américain qui me reprocher d’être français (ce que je ne suis pas), j’ai pu me rendre compte au travers de son discours à quel point les médias servaient l’endoctrinement.

Les occidentaux sont tellement persuadés d’etre le bien ( normal c’est ce qu’on leur dit, ils vont pas se mette à croire le contraire), qu’il ne s’interrogent même sur ce qu’on leur dit. C’est à se demander ce qu’il reste du fameux siècle des lumières.

31 octobre 2006
Arabo-marseillais a dit :
C’est normal de se sentir français sur un tatamis et nulle part ailleurs. Tout le monde sait que pourquoi Zidane est le plus aimé des français ? T’es français si tu ne parles pas de ta religion ou de politique et si tu remplis une de ces conditions :
- Tu sais chanter.
- Tu sais faire rire.
- Tu sais honorer la France dans le domaine sportif. Dommage mais les seules conditions d’admission (à gauche ou à droite)
31 octobre 2006
Amanda a dit :

Réponse à Antoine

Les Redeker, Fallaci, Houllebecq et compagnie ne sont que les symptômes apparents d’une plaie sournoise et dangereuse appelée.... l’ignorance. Les interprétations à l’aveuglette, de certains passages du coran, sont aussi une manifestation de cette ignorance : Les versets "menaçants"dont vous parlez, Antoine, ne sont pas plus que des autorisations divines à la défense de soi en cas d’oppression, et le contexte, pour peu qu’on prenne le temps et le soin de le lire, l’exprime clairement. Où avez-vous lu qu’un "infidèle à l’islam" devait être combattu pour ce qu’il croit ? D’autre part, vous ne semblez pas avoir compris qui parle dans le verset que vous citez sur l’abrogation ! Ce NOUS est exprimé par Dieu et par conséquent, seul LUI est habilité à abroger et à remplacer. Aucun courant réformiste, qui se prétendrait musulman, ne pourrait donc changer quoi que ce soit au contenu du livre saint. Je salue, Mourad, la franchise exprimée dans votre article et la dénonciation courageuse de quelques bassesses de ces "gens d’en haut"...

31 octobre 2006

Bonjour,

Je suis arabe et musulman. Je sais qu’aujourd’hui, en France, républicaine, je devrais avoir honte de le dire mais en fait non.

Je sais que la France traverse une crise identitaire, que les prétendues "élites" sont à la ramasse et que s’ils devaient écouter le peuple, ils leurs faudraient être comme le peuple et cela leur coûteraient.

je sais aussi que le rassemblement des concervateurs et populistes (UMP) ne tolèrent pas la différence. Les conservateurs la considèrent comme une dénaturation (et naturellement Nous le savons et l’évitons).

Il paraît qu’en France, il y ait des problèmes "d’intégration", certains ne seraient pas "intégrés". Il s’agit déjà là d’une manière étrange de présenter les choses, d’un parti pris. Pourquoi ne pas s’en tenir à "la République" et dénoncer les discriminations des institutions (école, médias, police, politique(s), ...) et sociales (travail, logement, loisir).

Voilà en fait, la discrimination, n’est pas un problème en soit, en France, c’est un facteur positif d’assimilation, il faut gommer les différences pour éviter la discrimination. Pour ceux qui partent tard au travail (c’est mon cas), ce matin une énième émission (prétendue intéressante) évoquer les "problèmes" de discimination à l’école : "on a noté qu’en fonction du prénom on été plus ou moins bien noté". Le sociologue ou psycologue, l’expert en somme, intervient (naïvement) et rajoute "c’est aussi vrai pour le sexe, on note plus sévèrement les garçons que les fi...". Il est coupé sèchement "oui mais le sexe on ne peut rien y faire alors que le prénom...". Cela m’aurait intéressé d’entendre une description impartiale des phénomène discriminatoire. Mais en fait, ça n’était pas l’objectif de cette "émission" (tout à fait neutre bien évidemment. liberté d’expression mais bien sûr).

désolé mais je fais partie du genre humain, vous pouvez me diaboliser si ça vous chante, je m’appelle Mohamed.

31 octobre 2006

Que vous êtes de droite ou de gauche, on s’en fiche un peu car selon moi les partis traditionnels sont là pour écarter les extremistes (Hélas ils n’en prennent pas le bon chemin). L’essentiel est le respect que vous inspirez car vous avez tellement raison sur votre constat.

Un autre constat, les gens ont peur de l’islam.

Questions ?

De quelle manière compter vous défendre la laïcité face aux fanatiques de toutes réligions, de toutes idéologies et de toutes pulsions. Les Français peuvent provoquer, blasfémer depuis 200 ans. Pensez vous que nous revenons en arrière avec les affaires de type Redeker panflétaire sûrement mais et alors...

Pensez vous qu’un courrant réformiste puisse exister au sein des musulmans de France en abrogeant les sourates menaçants sur les infidèles à l’islam. Si oui, le soutiendriez vous s’il est fondé sur le sourate suivant ? Sourate 2 Verset 106
- Nous n’abrogeons un verset, ni ne le faisons passer à l’oubli sans en apporter de meilleur ou d’analogue.
- Ne sais-tu pas que Dieu est Omnipotent ?...

Antoine

30 octobre 2006
M.JAMAL a dit :

M.JAMAL Le communautarisme , réalité sociale ou marchandise élctorale

combattre le communautarisme sera très certainement le cheval de bataille de la prochaine et proche élection présidentielle.L’époque de comabattre le chômage , l’inflation et autres maux sociaux est révolue. La mode est au communautarisme,une marchandise obéissant parfaitement aux lois de la rentabilité,bon marché et rapportant gros.A gauche comme à droite les poly-ticiens et les intellectuels (vrais ou auto-proclamés) jouent avec ce terme comme un magicien transformant le mouchoir de poche en pigeon s’envolant trés haut capturant avec lui le regard trés admiratif des spectateurs.Sur ce sujet il n y a plus de clivage gauche-droit , on dirai un nouveau conssensus du club Jean Desmoulin.Mais à qui ce thème rendra t-il profit ? au simple citoyen que je suis ?vivant dépuis 20 ans avec une française "gaulise" et ayant coloré et animé notre vie commune avec les meilleurs du christianisme et de l’islam,il est très beau l’arbre de Noêl décoré par de petits croissants.Le discours de l’élite intellecuelle et celui du politique ne nous obligera jamias à faire deux décorations differentes.Nous sommes harmonieux, complets, et consubstantiel avec comme seul et unique moyen ma différence avec la plus chère de ma vie . Mr Bush a gouverné l’Amérique deux fois ,avec la fraude pour la pemière et l’utilisation de la peur pour la deuxième.Nos poly-ticiens ne sont- ils pas en train d’imiter la détestable méthode Rove-Bush ?

30 octobre 2006
elyssa a dit :

le début de votre texte m’a quelque peu refroidi : comment pouvez vous affirmer aussi brutalement "Je suis engagé en politique depuis plus de dix ans. À droite, naturellement. Contrairement à ce que fait croire la culture dominante de gauche, les valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants les parents originaires du Maghreb ne sont pas de gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique de ce qu’il convient d’appeler la droite que de la permissivité censément être de gauche. Je suis donc fidèle à mon éducation." non seulement votre affirmation est caricaturale et schématique ("permissivité de gauche vs conservatisme de droite") mais en plus vous faites d’un ressenti personnel une généralité ! C’est à dire exactement ce que vous reprochez plus loin à ceux que vous fustigez justement ! "Les élites supposent ou prêtent un comportement ethnique et émotionnel à une partie des Français. L’individu [ici l’Arménien] est réduit à n’être qu’un représentant plus ou moins typique de ce que le sénateur-maire imagine être le groupe dans sa nature abstraite ou son essence."  !!! vous ne voyez aucune contradiction ?

Comme l’a rappellé la première intervenante (oumeyya), que faites vous des classes d’intérêt ?

Dommage car le reste contient des élèments de réflexion intéressants Enfin je suis impatiente de lire votre réponse à la remarque judicieuse d’olivier ( votre profil fait état d’un père ouvrier communiste !)

30 octobre 2006
farida a dit :

les valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants les parents originaires du Maghreb ne sont pas de gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique de ce qu’il convient d’appeler la droite que de la permissivité censément être de gauche.

parle pour toi Mourad ne généralise pas. Je suis d’extrême gauche ca mes parents ouvriers sont de gauche et m’ont éduqué avec des idées de gauche : je suis fidèle à mon éducation et donc je suis extreme gauche

30 octobre 2006
Pierre Lavoisy a dit :

Sans aucune agressivité, sans rancoeur, seulement empreint d’une tristesse légitime, votre témoignage est celui d’un homme politique responsable qui force le respect, independemment de toute opinion politique personnelle.

Pour répondre à celles et à ceux qui posent la question : que faire ? La réponse est : d’abord s’intéresser aux questions politiques, s’informer à diverses sources , en discuter et exprimer publiquement son opinion, ensuite ne pas s’abstenir de voter et exclure, à priori, tous les extrémismes de droite et de gauche, enfin se méfier des partis défendant un programme trop centré sur les notions d’identités, ce qui signifie exercer un esprit critique à l’égard de ses choix électoraux et le maintenir en éveil après le vote. C’est également, pour certaines et certains, se lancer dans l’aréne politique. Bref c’est avoir une activité civique responsable.

Amicalement votre,

Pierre Lavoisy

30 octobre 2006
les valeurs des familles maghrébines sont proches de celles de droite..c’est vite dit, qu’est ce que vous dites des intérêts de classe, je suis salariée je vote toujours à gauche. oumayma
30 octobre 2006
Djamel a dit :
Bravo Mourad pour ta franchise et ton courage
30 octobre 2006
sulu a dit :
Tout le monde commence à être d’accord avec le diagnostic mais que faire ? En fait, il faut être déjà massivement investit dans le local car c’est là que le concret existe et vous l’avez bien souligné hier à Ripostes.
30 octobre 2006

Je ne suis pas tout a fait d’accord, et j’ose esperer que mon avis sera publie, meme si il ne va pas dans le sens des positions prises par l’auteur de l’article.

Le communautarisme est, selon moi, une entente tacite, et elle releve de la non assimilation plus que de la consequence d’un complot fomente par les "elites dirigeantes" ou bien les "hautes spheres politiques". Ces dernieres sont effectivement responsable de la situation actuelle pour laquelle d’ailleurs il n’existe aucune solution qui peut s’echelloner sur une generation, mais plutot sur un a deux siecles.

Oui, elles sont responsable, mais elles ne sont pas les seules : le public qui s’est enferme dans une logique de non-assimilation est tout aussi coupable ! Les ghettos naissent d’un commun accord, et pas seulement du fait d’une situation socio-economique.

Vous vous appelez Mourad, et bien entendu ce prenom est tout a fait respectable, mais il ne fait pas parti de l’inconscient collectif et de l’histoire de l’exagone, tout comme John ou Toshiro d’ailleurs : votre prenom est arabe et musulman. Le fait que vous soyez un citoyen francais est acquis, certes, mais de grace, evitez d’enoncer des absurdites au sujet des prenoms, car c’est plus le patronyme qui est depositaire de l’identite et du bagage culturel, et au demeurant nombre de francais ont decide de franciser le leur...

Je fini en disant de maniere simple ce que vous avez distordu : l’enorme fracture francaise est certainement socio-economique, mais l’inaptitude observee a assimiler des populations nouvelles (dont TOUS sont responsables) exacerbe un climat de tension qui, au regards des developpements des cinq dernieres annees, tend a donner raison aux Cassandres... et je doute que que vos propos aident a apaiser ce climat.

Cordialement, Reza.

30 octobre 2006
Ne leur dites pas aussi :que je suis chef d’entreprise,ils me croient ouvrier. Je pense qu’aujourdh’ui nous devons etre volontaire dans nos actions citoyennes et etre de droite ou de gauche ne dois pas influer dans la reconnaissance du peuple et des institutions gouvernementales,nous devons etre reconnu a notre juste valeurs. Mr MANSOURI
30 octobre 2006
WAHID a dit :
Je rend hommage à votre analyse du probléme M.Ghazli qui va à l’encontre de tout ce qu’on voudrait nous faire croire ; Oui cette classe politique médiocre et dépourvue d’imagination cherche à nous faire croire que la france est menaçée par le communautarisme. Aujourd’hui la réalité est qu’il y a des français qui exigent d’avoir les mêmes droits et les mêmes chances que tout le monde ; la République une et indivisible doit leur garantir ces droits au risque de se discréditer comme c’est le cas en ce moment ; la devise républicaine est pour une bonne partie de la population un message creux et nos politiciens ont tous échoué lamentablement à redonner un vrai sens à la liberté, à l’égalité et à la fraternité.
30 octobre 2006
Madani a dit :
Mourad Ghazli nous gratifie d’un essai plein de vérité et de bon sens. En politique, jouer la carte de la vérité et du bon sens est rarement payante. Les ingrédients de la réussite, en politique, sont plutôt le clientélisme, le double discours, l’amalgame, ... Mourad, aussi convaincant qu’il puisse paraître le reconnait lui même en s’assignant de nombreux ennemis potentiels. Derriere le masque de la laïcité, de la Liberté/Egalité/Fraternité, de nombreuses communautés (juives, arméniennes, asiatiques, portuguaises, italiennes,...) se structurent, se renforcent, s’organisent,... depuis longtemps. Dès lors, la communauté musulmane pratiquante ou non peut difficilement suivre un chemin différent. A quel titre ? Le combat de Mourad risque fort de ressembler à celui de Sisyphe. Je ne serais que tenté de conseiller aux communautés françaises différentes et minoritaires, de se transformer en véritables puissances politiques et financières, de façon à être considérees plus sérieusement. Il faut prouver que nous sommes un plus pour la France, pas un ensemble d’assistés sociaux défavorisés. JFK a parfaitement résumé : "demande toi ce que tu peux apporter au pays, pas ce que le pays peut t’apporter". Dès lors, les portes de la diversité, à peine entr’ouvertes aujourd’hui, s’ouvriront pleinement.
30 octobre 2006
Olivier a dit :

Vous dites : "Je suis engagé en politique depuis plus de dix ans. À droite, naturellement. Contrairement à ce que fait croire la culture dominante de gauche, les valeurs que véhiculent et professent à leurs enfants les parents originaires du Maghreb ne sont pas de gauche : elles sont plus proches du corpus idéologique de ce qu’il convient d’appeler la droite que de la permissivité censément être de gauche. Je suis donc fidèle à mon éducation

." et puis je lis sur votre profil : "Mourad Ghazli Membre du bureau exécutif du parti radical (UMP), président fondateur du Club France-Fraternité, Mourad Ghazli a 32 ans. Fils d’ouvrier communiste, il a grandi dans un quartier HLM d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), avant de s’installer à Paris à l’âge de 17 ans, pour entrer à l’Insep."

Je n’ai pas très bien compris là...

30 octobre 2006
Donna a dit :
Que dire ?Vous avez tout dit,et merveilleusement bien !Vous d’en haut,nous d’en bas,nous constatons la même dérive.Que faire ?Telle est la question.

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