Roland Dumas « Au sentiment de judéophobie a fait place un sentiment d’islamophobie »

Au programme d’OummaTV, le dernier volet de notre série d’entretiens avec Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand. Dans cette troisième partie, Roland Dumas se prononce contre le projet de loi sur la burqa, et constate l’existence « d’un sentiment d’islamophobie » en France.

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Vendredi 3 Septembre 2010
Roland Dumas « Au sentiment de judéophobie a fait place un sentiment d’islamophobie »
19 mars

Au programme d’OummaTV, le dernier volet de notre série d’entretiens avec Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand. Dans cette troisième partie, Roland Dumas se prononce contre le projet de loi sur la burqa, et constate l’existence « d’un sentiment d’islamophobie » en France.

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Vos réactions et commentaires sur cet article : Roland Dumas « Au sentiment de judéophobie a fait place un sentiment d’islamophobie »

27 mars 2010
Un passant a dit :

A J.-P. Chambard :

J’aime bien votre exemple de repas à l’école avec ce qui peut être un accommodement raisonnable et ce qui peut le dépasser. J’y souscris également car il me semble que la notion du "bien vivre ensemble" doit en tenir compte. Et, on pourrait trouver d’autres accomodements raisonnables pour que chacun, si vous me permettez cette expression, "se sente bien dans sa peau" ! Ce qui est le meilleur moyen de se connaître, de lier des relations conviviales, de se comprendre.

Tout à fait, cela permettrait d’encadrer des revendications sociales, idéologiques ou convictionnelles, sans pour autant qu’elles entrent dans le cadre des libertés fondamentales (dès lors, une école serait en droit de refuser).

Il me paraît donc indispensable d’en faire l’analyse. Il y a bien sûr les conséquences sociologiques qu’entraine une crise économique importante que nous subissons, et qui entraine des réflexes identitaires certains.

Comme je l’ai expliqué plus tôt, l’une des raisons essentielles tient d’une course électoraliste, et d’un phénomène socio-politique étudiée auparavant par Nietzsche. D’où la pertinence du terme islamophobie, qui définit cette angoisse et révulsion irrationnelles vis-à-vis de ce qui touche de près ou de loin à l’islam.

Mais dans l’absolu, vous avez raison, la situation n’est pas rose, et il faut y remédier, quand bien même la tâche semble utopique.

Nous avons, je simplifie un peu, à nous occuper des gaulois extrémistes, le FN, et des musulmans extrémistes.

Le problème, c’est le rapport de forces, d’une part, mais plus grave encore, c’est le fait que face aux extrémistes se trouvent non pas seulement les "gaulois" extrémistes, comme vous dites, mais l’ensemble presque d’une classe politique française qui amalgame et s’en prend aux musulmans dans leur totalité. C’est là, le réel problème, me semble-t-il. Comment voulez-vous que les musulmans qui ne sont pas liés à une quelconque forme d’extrémisme (soit la vaste majorité des musulmans de France) puissent prendre part à ces activités communes s’ils sont diabolisés soit parce qu’ils portent un vêtement différent, soit parce que leur barbe est trop prononcée, soit parce qu’ils ont une conception de la vie qui, à certains aspects, peut différer, etc. ?

Côté FN, ma foi, on ne s’en occupe pas trop mal si j’en juge par les élections régionales. En effet, résultats de 2004 : le FN fait 14,70 %. Depuis 2004, nous sommes censé être en pleine islamophobie avec montée du racisme, etc, etc. On pourrait donc s’attendre à un FN à 20 %, voire beaucoup plus. Or, résultat 2010 : Le FN fait 11,42 %, soit 3,28 points de moins qu’en 2004 !

Oui, mais je répète, il ne s’agit pas uniquement du FN.

Je trouve que le "Gaulois" résiste plutôt bien aux sirènes extrémistes, non ?

Il s’agit, à mon sens, d’un écran de fumée. Car les autres partis se permettent aujourd’hui des propos qui étaient des propres au FN il y a vingt ans. Dès lors, les choix sont plus vastes. Qui n’a pas reproché à l’UMP d’avoir raflé des voix de l’extrême droite ?

L’islamophobie n’est plus - à mon grand regret - l’arsenal privilégié de marginaux, mais d’un phénomène qui gagne du terrain.

Nous sommes en France les champions toutes catégories de la manifestation. On n’est pas content de quelque chose, allez hop, une manif ! Dommage que la manif ne soit pas une épreuve olympique, nous serions médaille d’or ! Et bien, je crois que si les musulmans se faisaient un peu plus entendre lors d’évènements mettant en cause des mouvements extrémistes, pas seulement en France, mais dans le monde, cela rassurerait les "gaulois" un peu frileux. C’est un peu comme les sondages, autre sport national où nous pourrions également espérer une médaille d’or. Où sont les sondages montrant telle ou telle opinion des musulmans sur un sujet relatif à l’Islam et ses manifestations pratiques dans la société. Voila deux reproches que j’ai souvent entendus pendant mon mandat d’élu. Je pense qu’il faut en tenir compte, en oubliant pas le vieil adage : Qui ne dit rien, consent !

On en revient au principe évoqué précédemment : tous les musulmans doivent-ils s’amender chaque fois qu’un incident a lieu et qu’il est le fait d’une minorité ?

Si oui, où sont tous les Français lorsqu’un incident touche non plus un Français non-musulman mais un adepte de l’islam ? Scandent-ils dans les rues ?

Non, je doute que les manifestations soient une solution, car nul n’a à s’amender du fait d’un tiers.

Nous pourrions, en revanche, organiser dans chaque quartier, chaque ville, voire région, des activités qui sont destinées au dialogue, des ateliers d’inter-information culturelle, etc.

Voilà qui serait plus fructueux et surtout qui serait indépendant de tout évènement délicat et délictuel.

La sharia n’est pas un principe de droit français, alors inutile de l’aborder. Mais là encore, il s’agit d’un sujet évoqué principalement par une certaine classe politique, et non par des musulmans.

En définitive, le fait de vouloir remédier à la situation est encourageant, c’est un fait.

Mais adopter des mesures propres aux musulmans relève d’une stigmatisation (inconscience, certes) plus avilissante encore.

Le plus simple serait de se référer aux mesures déjà existantes, largement suffisantes (si pas en France, au niveau européen, en tout cas) et tout simplement de mener des activités sociales (et non à caractère politique) afin de réunir les diverses communautés, religieuses ou non.

Cordialement.

Cordialement

27 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

à un passant :

J’aime bien votre exemple de repas à l’école avec ce qui peut être un accommodement raisonnable et ce qui peut le dépasser. J’y souscris également car il me semble que la notion du "bien vivre ensemble" doit en tenir compte. Et, on pourrait trouver d’autres accomodements raisonnables pour que chacun, si vous me permettez cette expression, "se sente bien dans sa peau" ! Ce qui est le meilleur moyen de se connaître, de lier des relations conviviales, de se comprendre.

Pour le reste, nous avons apparemment un peu de mal à nous comprendre. Quand je vous parle de peur de l’Islam, et qui est donc l’islamophobie, il est inquiétant de voir que cette phobie se répand dans toute l’Europe et même dans les pays du nord de l’Europe, pourtant connus pour être plus tolérents que nous.

Il me paraît donc indispensable d’en faire l’analyse. Il y a bien sûr les conséquences sociologiques qu’entraine une crise économique importante que nous subissons, et qui entraine des réflexes identitaires certains.

Mais, il faut désamorcer également cette phobie de l’Islam et pour cela comprendre les messages envoyés de part et d’autre. Et là, je suis d’accord avec vous, nous devons faire un effort commun.

Nous avons, je simplifie un peu, à nous occuper des gaulois extrémistes, le FN, et des musulmans extrémistes.

Côté FN, ma foi, on ne s’en occupe pas trop mal si j’en juge par les élections régionales. En effet, résultats de 2004 : le FN fait 14,70 %. Depuis 2004, nous sommes censé être en pleine islamophobie avec montée du racisme, etc, etc. On pourrait donc s’attendre à un FN à 20 %, voire beaucoup plus. Or, résultat 2010 : Le FN fait 11,42 %, soit 3,28 points de moins qu’en 2004 !

Dans mon village, entre 2004 et 2010, le score du FN a baissé de 7,25 points.

Je trouve que le "Gaulois" résiste plutôt bien aux sirènes extrémistes, non ?

Alors, côté musulman, que faut-il faire que le score du FN n’augmente pas et même, baisse.

A mon avis, deux choses :

- Nous sommes en France les champions toutes catégories de la manifestation. On n’est pas content de quelque chose, allez hop, une manif ! Dommage que la manif ne soit pas une épreuve olympique, nous serions médaille d’or ! Et bien, je crois que si les musulmans se faisaient un peu plus entendre lors d’évènements mettant en cause des mouvements extrémistes, pas seulement en France, mais dans le monde, cela rassurerait les "gaulois" un peu frileux. C’est un peu comme les sondages, autre sport national où nous pourrions également espérer une médaille d’or. Où sont les sondages montrant telle ou telle opinion des musulmans sur un sujet relatif à l’Islam et ses manifestations pratiques dans la société. Voila deux reproches que j’ai souvent entendus pendant mon mandat d’élu. Je pense qu’il faut en tenir compte, en oubliant pas le vieil adage : Qui ne dit rien, consent !

- Cette fameuse charria qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Quelle est la démonstration utilisée par les extrémistes, genre FN ? Très simple : Le Coran a été dicté par l’archange Gabriel au Prophète comme étant la parole d’Allah. La charria résulte de la volonté divine, c’est la Loi divine. Un vrai croyant musulman ne peut donc se soumettre à la loi des hommes que temporairement, en attendant de pouvoir un jour instaurer la seule vraie loi, celle d’Allah. Alors, cette charria sert d’épouvantail, elle est mise à toutes les sauces en mélangeant astucieusement ce qui est religieux et ce qui est du ressort de traditions ou de coutumes, souvent antérieures à l’Islam.

A la limite, dans la schizophrénie actuelle, toute demande légitime des musulmans concernant la pratique de leur culte est considérée comme une manoeuvre afin d’instaurer un régime islamiste en France. La fameuse phrase de Le PEN : "quand il y aura 25 millions de musulmans en France, ils feront la loi !" avait pour but d’entretenir cette schizophrénie. Il s’en fout complétement d’avoir été condamné par la justice, l’important pour lui est, comme on dit, d’avoir mis le ver dans le fruit.

Je vais faire une Lapalissade, mais depuis Descartes, les Français sont cartésiens. Ils aiment bien savoir si c’est noir ou blanc et ils sont un peu paumés dans les nuances de gris. Ainsi, il y a un gros travail d’explication sur ce qui revient à la religion et ce qui revient aux traditions des pays d’origine, les Français d’origine maghrébine, notamment. C’est, à mon avis, un éclaircissement fondamental car les "gaulois" mélangent tout et, à priori, beaucoup de musulmans aussi.

Ensuite, pourquoi pas une espèce de charte (ce n’est probablement le bon terme) exposant les besoins des musulmans pour vivre en France leur religion dans les meilleures conditions. Ce texte pourrait comporter 10, 15, 20 chapitres en commençant par les points fondamentaux, complétés par ce qu’on appelle les accommodements raisonnables.

Si vous me permettez cette métaphore audacieuse et j’espère,non perçue comme blasphématoire, les Français sont réputés pour la "bonne bouffe", alors pour la religion musulmanne, ils veulent voir le "menu" !

Cordialement

26 mars 2010
Un passant... a dit :

A J.-P. Chambard :

Entendons-nous bien, je n’ai rien à redire à la plupart de vos interventions. J’estime que vos propos sont réfléchis, et raisonnables, voire rationnels. Néanmoins...

Je répondais qu’il y avait, parmi d’autres causes, la peur que procure une religion qui, outre le côté spirituel, a également vocation à intervenir dans tous les aspects de la vie de l’individu et celle de la cité.

Oui, mais peut-on légitimement avoir peur des aspects de la vie d’un individu ? Si oui, peut-on le contraindre à changer son mode de vie ?

Quant à la cité... sous quelle forme ces aspects se présentent-ils ? Sont-ils contraignants pour la collectivité, ou uniquement pour le groupe d’individus concernés ?

Ce sont là les vraies questions que nous devons nous poser.

Je reprends l’exemple ô combien stupide mais si récurrent dans ce débat : des écoles font des menus halâl. Premièrement, cela n’entre pas dans le principe des libertés religieuses. Car sous ce prétexte, un individu ne peut pas contraindre une institution publique à avoir des menus en fonction de ses sensibilités - il en va de même pour un juif, un végétarien, un adventiste, etc.

La liberté ne s’applique qu’à l’individu qui s’en targue, pas aux tiers. Toutefois, dans l’idée d’un accommodement raisonnable (comme au Canada), on peut faire des menus halâl. Jusque là, aucun problème. Mais si l’élève fait des histoires parce qu’il lui faut - en plus ! - des couverts qui n’ont pas été touchés par les non-musulmans, il faudra rappeler à cet enfant, et s’il faut à ses parents, que l’école n’est en rien tenue d’appliquer des mesures spécifiques pour ses élèves.

Voilà ce qui est logique dans un Etat de droit, avec des mesures libertaires qui s’appliquent uniquement aux individus qui les réclament. On peut dès lors encadrer cette inquiétude dont vous parlez.

Que cette peur ou inquiètude soit infondée, elle existe et il faut donc en tenir compte. Il me semble que c’est aux musulmans de France d’apporter les élèments de réponse pour l’apaiser, qu’en pensez vous ?

J’en pense que vous avez partiellement raison. Car vous présupposez qu’il n’incombe qu’aux musulmans de changer la donne, à croire qu’ils seraient seuls responsables des peurs véhiculées. Je dis "véhiculées", car ces peurs sont (sur)médiatisées, exagérées, car elles servent d’autres intérêts (politiques, économiques ? Qui sait ?).

Je pense que chacun doit "mordre sa chique" (comme on dit en Belgique) et s’ouvrir au dialogue. Non pas contraindre une personne à se soumettre à un dogme républicain, mais plutôt à s’unir, au-delà des sensibilités de chacun, autour de valeurs objectives communes (liberté, équité, etc.).

Dès lors que l’on stigmatise des personnes à cause de la visibilité de leurs pratiques, on n’en fait des parias et des marginaux et on les exclut de facto de ces valeurs objectives. Et là, ce n’est pas la faute de musulmans.

Donc je pense qu’il y a un travail des deux côtés. Certains musulmans (je pense notamment à l’exemple des couverts et de l’école plus haut) doivent comprendre que la liberté religieuse n’est pas un jouet qu’on secoue à la moindre occasion. Mais les Français doivent réaliser qu’il existe des libertés qui ne sont pas destinées à l’exportation, mais qui doivent déjà être respectées ici - port de signes religieux, désir de manger/pas manger certains types d’aliment, etc.

Bien à vous.

Cordialement

26 mars 2010
Un passant... a dit :

A Sabrina :

Vous avez tout compris , l’Arabie Saoudite est un pays dont les valeurs, les traditions, les lois concernant les femmes (et même les hommes pour certains aspects) sont rétrogrades et inhumaines de mon point de vue. Pourtant si je dois vivre dans ce pays, je serais respectueuse des us et coutumes et bien évidemment des lois.

Justement. Il n’existe aucune valeur unique dans un pays, quel qu’il soit. Il existe de nombreux éléments au sein de la société civile qui luttent pour que certaines pratiques inhumaines n’aient plus libre cours sur ce territoire.

Même si je suis révulsée par le mariage des fillette de 8 ans que j’’assimile à de la pédophilie légalisée, par les exécutions capitales sur la place publique, par les châtiments corporels également sur la place publique, j’estime que c’est aux Saoudiennes et Saoudiens de les combattre s’ils souhaitent une société digne du 21ème siècle.

Oui, mais à partir du moment où vous vivez (et non pas résidez) en Arabie saoudite, vous êtes un membre de ce microcosme géographique, vous faites donc partie de ces "Saoudiennes". Il serait complice de se soumettre et de ne pas réagir lorsque de telles pratiques ont lieu. Moi, je lutterais par exemple pour que les libertés fondamentales de tout un chacun soient respectées.

En outre, vous occultez complètement l’autre aspect de ma question : dès lors que vous estimez qu’il est inhumain de contraindre une personne à agir contre sa volonté (et vous avez raison !), de quel droit peut-on contraindre un(e) musulman(e) ici d’agir contre son gré ?

En tant que catholique, dans un pays de tradition islamique wahabite, je m’adapte.

C’est votre choix, encore une fois. Cela en fait-il une vérité générale et absolue qui s’applique automatiquement à tout le monde ? Si quelqu’un souhaite vivre différemment, n’en aurait-il pas le droit ? Est-ce là le dogme que vous prônez ? Entre nous, c’est tout aussi archaïque comme façon de penser, compte tenu de la configuration sociologique et multiculturelle du monde tel qu’il est aujourd’hui.

En revanche je désire que nos sociétés occidentales conservent les standards de démocratie, de mixité, de liberté d’égalité en droits et en devoirs entre hommes et femmes.

Très bien. Donc, l’égalité, où se situe-t-elle ?

Une femme est-elle inégale parce qu’elle porte un foulard (si oui, démontrez-le objectivement, sans aucune appréciation personnelle subjective) ? L’égalité consiste-t-elle à s’habiller de la même façon, ou à choisir la façon dont on souhaite s’habiller ?

Si non, alors expliquez-moi pourquoi les talons hauts sont un vêtement typiquement féminin ? Est-ce un accessoire de soumission, ou simplement un vêtement à priori féminin dont l’homme ne s’affuble pas. Surtout lorsque l’on sait que les talons hauts ont des désavantages sanitaires que nombre de rhumatologues et podiatres soulignent fréquemment. Faudrait-il pousser la folie et estimer qu’il s’agit d’un instrument d’auto-mutilation ?

Bref, que de l’absurde ! Un vêtement n’est pas un instrument de servitude en soi. Il n’a d’essence que selon la motivation du porteur (de la porteuse).

Dès lors, un homme qui impose à sa femme de porter un foulard en fait un acte de soumission, à laquelle il faudra encourager (et aider) la femme en question pour qu’elle puisse agir en toute liberté. De même, une femme à qui son mari impose le port de talons hauts car cela rend plus attractif (illusion d’optique qui rallonge les jambes, muscles davantage dessinés, donne l’impression d’être plus grande, etc.) contre la volonté de cette dernière soumet sa femme à sa volonté. Même combat !

La liberté et les actes n’ont de sens que de par la motivation de l’individu.

Ainsi, les chères libertés que vous évoquez sont importantes, mais n’ont pas de sens si on contraint une pratique ou l’interdisent sous de faux prétextes. La seule liberté de la femme qui en fait l’égale d’un homme, c’est la liberté de poser des choix !

Je souhaite que la convivialité,

Ce n’est pas un principe de droit (or, la France est un Etat de droit). On ne force pas les gens à être conviviaux, sinon il faudra s’occuper de tous les misanthropes et agoraphobes qui ne sortent jamais de chez eux.

la légèreté,

Ça ne veut rien dire.

le "vivre ensemble" qui caractérisent jusque là la France PERDURENT.

Et c’est quoi, le vivre-ensemble ? L’uniformisation et la création d’une pensée unique au sein de laquelle tout le monde est identique ?

Ou alors la transcendance des apparences, des signes visibles ou invisibles, de la couleur, des vêtements, des traditions, des cultures... pour se réunir devant des points communs ?

Lorsque j’étais à l’université, des filles en foulard et des filles en mini-jupes s’asseyaient autour d’une même table pour discuter de cours, de politique, de cinéma, de sport, etc.

N’est-ce pas là un signe de vivre-ensemble ? Si non, n’hésitez pas à argumenter, et à démontrer qu’elles ne "vivaient pas ensemble" au sein d’un même microcosme de façon cordiale, voire conviviale ! (Tiens donc)

26 mars 2010
Sabrina a dit :

Un passant... a dit : A Sabrina :

Ma réponse est OUI, si je suis en Arabie Saoudite, je me conformerais aux valeurs de ce pays.

C’est votre choix, et votre droit le plus légitime. Mais faut-il que de facto tout le monde fasse le même et accepte de se conformer ?

Deuxièmement, bon courage... car ce pays a des valeurs (notion totalement abstraite non-objective) diverses. Lesquelles choisir  ?

Réponse : Vous avez tout compris , l’Arabie Saoudite est un pays dont les valeurs, les traditions, les lois concernant les femmes (et même les hommes pour certains aspects) sont rétrogrades et inhumaines de mon point de vue. Pourtant si je dois vivre dans ce pays, je serais respectueuse des us et coutumes et bien évidemment des lois.

Même si je suis révulsée par le mariage des fillette de 8 ans que j’’assimile à de la pédophilie légalisée, par les exécutions capitales sur la place publique, par les châtiments corporels également sur la place publique, j’estime que c’est aux Saoudiennes et Saoudiens de les combattre s’ils souhaitent une société digne du 21ème siècle.

En tant que catholique, dans un pays de tradition islamique wahabite, je m’adapte.

En revanche je désire que nos sociétés occidentales conservent les standards de démocratie, de mixité, de liberté d’égalité en droits et en devoirs entre hommes et femmes. Je souhaite que la convivialité, la légèreté, la fraternité et le "vivre ensemble" qui caractérisent jusque là la France PERDURENT. Cordialement

26 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

à un passant : Je me permets de vous signaler que mes écrits répondaient à une interrogation de Hayat concernant dixit la méfiance voir la franche réprobation à l’égard de l’islam qu’elle retrouve un peu partout.

Je répondais qu’il y avait, parmi d’autres causes, la peur que procure une religion qui, outre le côté spirituel, a également vocation à intervenir dans tous les aspects de la vie de l’individu et celle de la cité.

C’est donc une peur ou une inquiétude, non pas sur des faits existants en France mais pour ce qui peut se passer dans le futur. Lorsque j’étais élu, c’est une inquiétude que j’ai pu constater chez pas mal de mes administrés.

Que cette peur ou inquiètude soit infondée, elle existe et il faut donc en tenir compte. Il me semble que c’est aux musulmans de France d’apporter les élèments de réponse pour l’apaiser, qu’en pensez vous ?

Cordialement

25 mars 2010
Un passant... a dit :

A Sabrina :

Ma réponse est OUI, si je suis en Arabie Saoudite, je me conformerais aux valeurs de ce pays.

C’est votre choix, et votre droit le plus légitime. Mais faut-il que de facto tout le monde fasse le même et accepte de se conformer ?

Deuxièmement, bon courage... car ce pays a des valeurs (notion totalement abstraite non-objective) diverses. Lesquelles choisir ?

Du reste Monsieur le passant, je n’aurais même pas le choix puisque je devrais obligatoirement, moi femme, catholique de naissance, me cacher et porter la burqua !!!!

Il me semble que vous ne raffolez pas à cette idée, ce qui est compréhensible, et tout aussi légitime. Dès lors, pourriez-vous faire l’effort de comprendre qu’il existe des personnes en France qui, elles, aimeraient disposer de ce choix qui consiste à disposer de leur corps comme elles l’entendent ? Que ce soit pour porter un foulard, un jeans, un top, ou que sais-je encore.

J’ai des relations avec des musulmans et je crois bien que certains d’entre eux mes considère comme une amie, je sais aussi que leur foi et forte, sincère, et visiblement ils tirent de leur pratique religieuse une grande sérénité. Je sais tout cela parce que j’ai été invitée chez eux.

Je m’efforce de ne pas utiliser des termes dispensables. Ainsi, je ne parle d’islamophobie que lorsque je juge cela nécessaire. Votre anecdote ci-dessus me conforte dans mon impression selon laquelle vous seriez en proie à une certaine forme d’islamophobie (en l’occurrence, pas les individus - ou du moins pas tous - mais les pratiques "visibles"). Le simple fait de devoir vous targuer d’avoir des amis musulmans et d’être allée chez eux dans un débat qui n’a strictement rien à voir avec le sujet débattu. Si, néanmoins, ce n’est pas le cas, ayez la conscience tranquille et évitez ces anecdotes car elles ne servent pas votre cause.

"Mais le fond du problème est que l’Islam est perçu comme une religion qui, par la Charia, va vouloir intervenir dans tous les aspects de la vie du citoyen. C’était le cas du catholiscime avant la révolution de 1789 avec la Royauté, le Clergé et le Peuple. On avait affaire à la justice du Roi, mais aussi à la justice de l’Eglise. L’Inquisition et ses buchers n’a pas laissé bons souvenirs, c’est le moins qu’on puisse dire.

Oui, M. Chambard fait quelques parallèles qui n’ont pas lieu d’être ici, car jusqu’à preuve du contraire, il n’est pas question d’institutionnaliser la Charia en France, si ?

D’où, à mon avis, la peur de l’Islam comme étant une religion possédant des caractéristiques nous ramenant à des modes de vie, à une emprise religieuse sur les Lois, le Droit, sur la vie publique que nous ne voulons plus.

Citez donc des exemples concrets d’emprise religieuse sur les lois, le droit, la vie publique - et ce, dans un cadre qui ne serait ni légitime, mais délictuel. En outre, conformément au principe de neutralité politique et de laïcité, l’Etat non plus ne doit pas avoir d’emprise sur le religieux. Or, quand l’Etat interdit l’exercice du culte en public... il y a immixtion et violation de la laïcité. Cela ne semble pas vous offusquer.

25 mars 2010
Sabrina a dit :

un passant a dit "Si c’est bien là ce qu’il faut retirer de votre message, vous devriez légitimer, en toute logique, qu’un arabe (au sens propre du terme, et non au sens franco-raciste) vous rétorque, dans le contexte saoudien :

"Ce serait bien que les athées comprennent que leur absence de foi est une affaire privée et qu’ils doivent se conformer dans la rue".

Ma réponse est OUI, si je suis en Arabie Saoudite, je me conformerais aux valeurs de ce pays. Du reste Monsieur le passant, je n’aurais même pas le choix puisque je devrais obligatoirement, moi femme, catholique de naissance, me cacher et porter la burqua !!!!

J’ai des relations avec des musulmans et je crois bien que certains d’entre eux mes considère comme une amie, je sais aussi que leur foi et forte, sincère, et visiblement ils tirent de leur pratique religieuse une grande sérénité. Je sais tout cela parce que j’ai été invitée chez eux.

A force d’être utilisée à tort et à travers l’accusation d’islamophobie n’a plus de sens.

JP Chambard a repondu, concernant ce qu’il a d’inconvenant à voir de nos jours toutes les religions envahir notre espace public, je vous renvoie donc à ses messages notamment :

"Mais le fond du problème est que l’Islam est perçu comme une religion qui, par la Charia, va vouloir intervenir dans tous les aspects de la vie du citoyen. C’était le cas du catholiscime avant la révolution de 1789 avec la Royauté, le Clergé et le Peuple. On avait affaire à la justice du Roi, mais aussi à la justice de l’Eglise. L’Inquisition et ses buchers n’a pas laissé bons souvenirs, c’est le moins qu’on puisse dire.

D’où, à mon avis, la peur de l’Islam comme étant une religion possédant des caractéristiques nous ramenant à des modes de vie, à une emprise religieuse sur les Lois, le Droit, sur la vie publique que nous ne voulons plus.

C’est vrai que le Soufisme paraît pour beaucoup d’entre nous comme "au dessus" de la religion courante. C’est la même chose pour la Kabbale et tout ce qui peut paraître comme une recherche spirituelle qui laisse de côté ce qui peut fâcher, gêner, choquer.

Il me semble que dans notre culture occidentale nous séparons dans le fait religieux, d’un côté les dogmes de toutes les religions, et d’un autre côté la spiritualité qui paraît être au dessus des dogmes et, de ce fait, être Universelle. Cordialement."

25 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

Hayat a dit : Salam à Amazone et JP Chambard,

J’ai bien aimé votre récit Jean Pierre, ça sent le vécu..Sauf qu’aujourd’hui, la présence du christianisme est beaucoup moins prégnante au quotidien et qu’une culture "a-religieuse" s’est développée ici en occident. Dans ce contexte, l’islam est souvent vu de l’extérieur, il me semble, comme tout à fait étrange et étranger. Et pourtant, il n’y a qu’à voir l’essor de différents mouvements spirituels et de bien être (New Age, Zen, Bouddhistes, méditation transcendantale, yoga, shiatsu, taïchi, sophrologie..)pour se rendre compte que beaucoup éprouvent un réel besoin de renouer avec une certaine intériorité face au matérialisme ambiant. Pour avoir un peu fréquenté ces milieux qualifiés d’"alternatifs", la méfiance voir la franche réprobation à l’égard de l’islam y est à peu près aussi grande qu’ailleurs, avec les mêmes a prioris. Sauf pour le soufisme, qui ne semble paradoxalement pas vraiment rattaché à l’islam dans l’inconscient collectif.

Dans mon récit, j’ai voulu démontrer que ce que nous reprochons aux musulmans, nous l’avons nous-mêmes vécu il y a 50 ans et plus, et qu’il s’agissait plus de comportements phallocratiques que religieux.

Mais, que nous soyons aujourd’hui athées, agnostiques ou croyants modérés, nous conservons dans notre inconscient collectif un héritage chrétien.

A ce titre, l’affiche de campagne de François Mitterand était édifiante. Derrière son visage avec le slogan "La force tranquille" (l’image du Père protecteur de la Nation !) il y avait la photo d’un village où dominait l’église et son clocher. Cela pouvait paraître étonnant à deux titres : C’est chez les électeurs de Gauche que l’on trouve le plus d’athées, d’agnostiques, pour ne pas dire de "bouffeurs de curés" et d’autre part, la grande majorité des électeurs ne sont plus à la campagne, mais dans les villes.

En fait, nous restons tous attachés à nos origines paysannes et à notre clocher, quelles que soient nos opinions politiques ou religieuses. Ne dit-on pas que les Français ont "l’esprit de clocher" ? Ainsi, l’affiche de Mitterand tapait juste !

Alors, permettez moi une pointe d’humour : mettez un minaret à la place du clocher ou à côté et c’est une révolution, car c’est l’antithèse de notre inconscient collectif national.

Pour ce que vous écrivez sur le sentiment très partagé concernant l’Islam, je crois qu’on ne peut pas nier le fait de la relation "colonisateur/colonisé", que je pourrais résumer par le schéma suivant :
- Après avoir été un peuple colonisateur, nous sommes maintenant colonisés par ceux que nous avions colonisé.
- De ce fait, la religion du l’ex.colonisé, et qui est maintenant notre colonisateur de peuplement, vient également coloniser notre pays. D’où, dès l’instant où l’Islam devient de plus en plus visible, une arabophobie qui se transforme en islamophobie.

Mais le fond du problème est que l’Islam est perçu comme une religion qui, par la Charia, va vouloir intervenir dans tous les aspects de la vie du citoyen. C’était le cas du catholiscime avant la révolution de 1789 avec la Royauté, le Clergé et le Peuple. On avait affaire à la justice du Roi, mais aussi à la justice de l’Eglise. L’Inquisition et ses buchers n’a pas laissé bons souvenirs, c’est le moins qu’on puisse dire.

D’où, à mon avis, la peur de l’Islam comme étant une religion possédant des caractéristiques nous ramenant à des modes de vie, à une emprise religieuse sur les Lois, le Droit, sur la vie publique que nous ne voulons plus.

C’est vrai que le Soufisme paraît pour beaucoup d’entre nous comme "au dessus" de la religion courante. C’est la même chose pour la Kabbale et tout ce qui peut paraître comme une recherche spirituelle qui laisse de côté ce qui peut fâcher, gêner, choquer.

Il me semble que dans notre culture occidentale nous séparons dans le fait religieux, d’un côté les dogmes de toutes les religions, et d’un autre côté la spiritualité qui paraît être au dessus des dogmes et, de ce fait, être Universelle.

Cordialement.

25 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

Sabrina a dit : Or, avec certains musulmans dont la foi est " militante" nous avons la désagréable impression de faire un rétropédalage et de revenir à ces temps que nous croyions révolus.

Ben oui, c’est l’impression que cela donne car en réalité, nous avons connu, dans le passé, une bonne partie de ce qui nous fait voir l’Islam comme rétrograde par rapport à notre évolution.

Puisque je vous sens sensible aux droits des femmes, il faut se rappeler que la lutte pour l’égalité des droits a commencé après la première guerre mondiale quand, les hommes étant mobilisés, les femmes ont accompli le travail des hommes, au champ dans les campagne, dans les usines dans les villes. De là, cette prise de conscience qui a abouti à cette lutte qui a bousculé des coutumes, des traditions phallocratiques. La religion catholique, garante d’une société traditionnelle et figée dans ses dogmes, en a pris également pour son grade.

Cette lutte historique n’avait pas les mêmes raisons de se produire dans les terres d’Islam. Mais, si on est un peu attentif à ce qui se passe dans ces pays, et bien il y a des femmes qui se battent pour l’égalité des sexes appuyées par de plus en plus d’hommes. Et, il y a même, dans des pays que nous jugeons volontiers rétrogrades comme l’Arabie Saoudite et le Yemen, des religieux qui éditent des fatwas favorables à l’évolution du statut de la femme.

Je crois comme disait François Mitterand "qu’il faut laisser du temps au temps" pour que les musulmans puissent faire ce que nous avons mis plus d’un siècle à faire.

Par contre, notre civilisation occidentale est en crise et la crise économique entraine également une crise morale et quelque fois le doute sur ce que nous appelons "nos valeurs".

J’ai une formule qui vaut ce qu’elle vaut : Quand nous avons le ventre plein, Dieu s’éloigne, et quand nous avons le ventre vide, Dieu revient !

Je pense que l’évolution des mentalités est plus facile dans une société en pleine expansion, or nous entrons dans une récession durable ... tout sera plus difficile.

Cordialement

25 mars 2010
Un passant... a dit :

A Sabrina :

Ce serait bien que les musulmans comprennent que la foi est une affaire privée et qu’elle ne doit pas descendre dans la rue.

En vertu de quoi ? Conformément à quel principe objectif ?

Il s’agit là manifestement de votre seule volonté de ne voir aucun élément ayant à trait à l’islam "dans la rue".

Si c’est bien là ce qu’il faut retirer de votre message, vous devriez légitimer, en toute logique, qu’un arabe (au sens propre du terme, et non au sens franco-raciste) vous rétorque, dans le contexte saoudien :

"Ce serait bien que les athées comprennent que leur absence de foi est une affaire privée et qu’ils doivent se conformer dans la rue".

Ce serait tout aussi illogique, infondé, et surtout inhumain.

Si vos propos sont tels que je les interprète (et j’espère sincèrement que ce n’est pas le cas), alors vous légitimez les propos absurdes que j’évoque ci-dessus. Et si c’est le cas, alors vous êtes un bel exemple d’islamophobie, et ce, probablement sans même vous en rendre compte.

24 mars 2010
Hayat a dit :

Bonjour,

Puis-je vous demander Sabrina, même si votre commentaire ne m’était pas adressé, en quoi la foi musulmane "descend dans la rue" ?

Quant à la séparation des sexes à laquelle vous faites référence, même si l’islam induit effectivement des règles éthiques de conduite entre personnes de sexes opposés, la séparation entre hommes et femmes dans les espaces publics (notamment la mosquée) est aussi en grande partie une interprétation culturelle.

On en revient à la très pertinente démonstration de Jean Pierre Chambard comme quoi "il n’est pas toujours facile de séparer le religieux du culturel " .

Personnellement, je trouve qu’associer ces pratiques culturelles à du "rétropédalage" est bien présomptueux. Ca implique que notre mode de vie occidental soit forcément un modèle à suivre, supérieur et plus évolué : je ne partage pas ce point de vue.

J’ai vécu une bonne partie de ma vie dans des cultures où les relations hommes-femmes sont extrêmement codifiées, avec une répartition bien définie des rôles, des espaces. Et bien, je peux dire que ce modèle a aussi sa raison d’être, sa logique interne, ses avantages autant que ses inconvénients ; tout comme celui qui prévaut "ici".

Il permet des relations auxquelles nous n’accédons pas ici, de même que le modèle relationnel "à l’occidental" (et encore, il faut nuancer, ça dépend des milieux)permet également des types de relations différentes.

Pour moi,hiérarchiser les cultures constitue les prémices du racisme.

Cordialement.

24 mars 2010
Sabrina a dit :

Jean-Pierre CHAMBARD a dit : "Ce petit récit décrivant des faits d’il y a plus de 50 ans, et en imaginant un musulman présent dans ce village à cette époque, qu’aurait-il penser de la religion catholique "

Jean-Pierre, vous relatez un mode de vie d’il y 50 ans. Vous justifiez très bien par votre récit l’avènement du Mouvement de Libération de la Femme, ainsi que la création de divers mouvements et associations inervant le champs social et culturel,et tout ceci a eu le grand mérite de faire reculer la bigoterie dans nos villes et campagnes. Mais que je sache, les couples étaient assis ensemble côte à côte à l’église.

Or, avec certains musulmans dont la foi est " militante" nous avons la désagréable impression de faire un rétropédalage et de revenir à ces temps que nous croyions révolus.

Ce serait bien que les musulmans comprennent que la foi est une affaire privée et qu’elle ne doit pas descendre dans la rue.

Merci

24 mars 2010
Hayat a dit :

Salam à Amazone et JP Chambard,

J’ai bien aimé votre récit Jean Pierre, ça sent le vécu..Sauf qu’aujourd’hui, la présence du christianisme est beaucoup moins prégnante au quotidien et qu’une culture "a-religieuse" s’est développée ici en occident. Dans ce contexte, l’islam est souvent vu de l’extérieur, il me semble, comme tout à fait étrange et étranger.

Et pourtant, il n’y a qu’à voir l’essor de différents mouvements spirituels et de bien être (New Age, Zen, Bouddhistes, méditation transcendantale, yoga, shiatsu, taïchi, sophrologie..)pour se rendre compte que beaucoup éprouvent un réel besoin de renouer avec une certaine intériorité face au matérialisme ambiant.

Pour avoir un peu fréquenté ces milieux qualifiés d’"alternatifs", la méfiance voir la franche réprobation à l’égard de l’islam y est à peu près aussi grande qu’ailleurs, avec les mêmes a prioris.

Sauf pour le soufisme, qui ne semble paradoxalement pas vraiment rattaché à l’islam dans l’inconscient collectif.

24 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

amazone a dit : A Jean Pierre Chambard : "...puisqu’il n’est pas toujours facile de séparer le religieux du culturel."

En effet, et cela est valable pour toutes les religions.

C’est bien ce que j’ai voulu démontrer par mon petit récit.

Cordialement

24 mars 2010
amazone a dit :

A Jean Pierre Chambard : "...puisqu’il n’est pas toujours facile de séparer le religieux du culturel."

En effet, et cela est valable pour toutes les religions.

Cependant en ce qui concerne l’islam, que je connais mieux que le christianisme, il est toujours possible de lire le Coran. Il est toujours possible de s’instruire, de chercher à comprendre, de s’interroger et de chercher la cohérence dans ses actes.

Mais majoritairement les gens préférent ne pas s’interroger mais imputer toutes pratiques quelles soient sectaires, sexistes ou autres à l’islam.

Parce qu’il est plus facile de juger que de s’interroger.

Parce qu’il est plus facile de condamner que de comprendre.

Parce qu’il est plus facile de laisser les relents sectaires prendre le dessus que de raisonner.

Le monde va trop vite, nous sommes trop occupés pour nous remettre en question, nous poser et réfléchir alors on va au plus court : aux généralites !

24 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

à Sabrina,

Votre histoire de village me fait penser à celui, dans le Dauphiné, où j’allais passer mes vacances d’été, quand j’étais gamin.

Le dimanche matin, ma grand-mère m’emmenait à la messe et c’était l’occasion pour les dames du village de mettre leur plus belle robe, leur plus beau foulard et comme on disait « pour se donner un peu de religion ». Sur la droite de l’autel, se trouvaient deux fauteuils, pour Monsieur le Comte et Madame la Comtesse que tout le monde saluait respectueusement avant d’entrer à l’église, ou en sortant. Et oui, nos ancêtres avaient beau avoir fait la Révolution, il restait un certain attachement à la noblesse.

Les hommes, eux, étaient au bistrot, en face de l’église, s’affichant volontiers comme communistes ou socialistes, et s’ils voyaient un homme allait à la messe, c’était forcément un mec de droite, un bigot, bref un réactionnaire.

A la sortie de la messe et après avoir raconté leurs derniers potins, les femmes rentraient vite chez elles pour préparer le repas, pendant que leurs maris jouaient à la belotte, ils tapaient le carton comme on dit, en éclusant moult apéritifs !

Certains rentraient chez eux assez clairs, mais d’autres avaient des difficultés pour marcher droit. Et puis, il y avait le cantonnier, dit le Gu (pour Gustave) et qui, lui, rentrait à pied en tenant bien son vélo pour ne pas tomber. Tout le monde savait qu’il était violent quand il était saoul et qu’il battait sa femme, ses voisines la plaignaient et la réconfortaient mais les hommes ne réagissaient pas, probablement par gêne, par solidarité machiste, bref c’était malheureux et mais bon … c’est la vie … il n’y a pas que du bon dans la vie.

Ce petit récit décrivant des faits d’il y a plus de 50 ans, et en imaginant un musulman présent dans ce village à cette époque, qu’aurait-il penser de la religion catholique ?

Et, si vous aviez été là aussi, vous lui auriez répondu que ces comportements n’avaient rien à voir avec la religion catholique.

Il n’aurait pas très bien compris, comme nous aujourd’hui pour l’Islam, puisqu’il n’est pas toujours facile de séparer le religieux du culturel.

Cordialement

23 mars 2010
Hayat a dit :

Sabrina vous dites :

"Mais en Europe, quand le pape s’avise de se mêler de notre vie, et de faire des "fatwas" à sa manière, (préservatif..) vous avez constaté que la population réagit et lui fait très vite regretter ses déclarations et prises de position. Ce n’est pas le cas chez les musulmans."

Mais ce n’est pas vrai. En tous les cas pas complètement.

D’abord parce qu’il n’y a pas de "supérieur hiérarchique" dans la religion musulmane, et il existe donc une multitude de courants de pensées différents correspondant à différentes lectures des textes sacrés.

si vous vous penchez sur la question, vous vous apercevrez que sur n’importe quel thème il existe des prises de position très différentes, allant de la plus fondamentaliste à la plus progressiste. Et les "fatwas" que vous évoquez, sont en Islam des avis de juristes mais n’ont pas réellement force de loi, ces avis sont par conséquent plus ou moins suivis selon les sensibilités.

Dans l’Islam le croyant est en réalité seul devant Dieu, ce qui implique deux choses essentielles : liberté et responsabilité individuelle.

Maintenant que certains théologiens, que les imams par leurs prêches aient une influence sur le comportement du croyant et sa vision de l’islam, cela est certain.

Mais dire que l’ensemble des musulmans "ordinaires" suivent en bloc un seul mode de pensée est faux, non seulement ici en Europe mais aussi dans les pays musulmans où il y a une grande diversité des courants de pensée, et de mode de pratiques.

L’Islam et sa pratique sont en réalité bien plus complexes, divers et nuancés que l’image qui en est donnée dans les médias où on aime frapper l’esprit à coup d’images et de titres "chocs"..

Parle-t-on souvent, par exemple, des courants féministes musulmans qui sont pourtant nombreux et actifs dans les pays musulmans ??

Parle-t-on souvent du niveau d’éducation des femmes iraniennes ?

Je ne nie pas les problèmes qui existent incontestablement, mais il est bon de regarder les choses objectivement.

sincères salutations.

23 mars 2010
Sabrina a dit :

Hayat, vous avez certainement raison, mais dans l’ensemble et ordinairement on juge les religions et les cultures des autres que par ce que donnent à voir les gens porteurs de celles-ci.

Oh ! vous êtes probablement dans le vrai amazone et vous lorsque vous prétendez que le Coran fait une belle place à la femme, mais que les coutumes ont en quelques sorte en dénaturé les textes. (lire progressistes dans le message adressé à amazone) D’ailleurs il en a toujours été ainsi pour toutes les religions.

Mais en Europe, quand le pape s’avise de se mêler de notre vie, et de faire des "fatwas" à sa manière, (préservatif..) vous avez constaté que la population réagit et lui fait très vite regretter ses déclarations et prises de position. Ce n’est pas le cas chez les musulmans.

merci

23 mars 2010
amazone a dit :

A Sabrina :"Malheureusement on voit bien que le sort des femmes et filles musulmanes n’est pas enviable et qu’elles sont soumises, de part leur culture, à un système patriarcal très très RUDE. Voyez encore cette pauvre jeune fille marocaine , fuyant un mariage forcé, battue par son frère ...Je trouve que les violences qui viennent de la famille sont encore plus tristes."

Heureuse que vous ayez compris ce que je voulais dire. Il s’agit de comportements d’ordre culturels et non religieux. Aucun verset dans le COran ne stipule qu’il faille battre sa soeur, sa femme ou je ne sais qui d’autres.

Quant aux violences qui "viennent de la famille " elles ne sont pas une exception arabe loin de là.

Il n’y a pas si longtemps, il y a eut tout un débat sur la violence faites aux femmes en France, 90 % de ces violences se prodisent dans la famille !

"Désolée de vous avoir contrariée..."

Aucunement, nous sommes dans un débat et vous avez le droit de vous exprimer, vous avez le droit de souligner que des femmes issues de culture arabo musulmanes sont violentées cela est incontestable ce qui l’est c’est cet amalgame entre islam et violences !

23 mars 2010
Sabrina a dit :

amazone, visiblement à lire votre message en au vu de ce que vous dites de votre religion, vous feriez partie de ces femmes musulmanes "progressives" qui se veulent citoyennes à part entière. Il en faudra davantage des gens comme vous. Je suis bien au regret de vous dire que l’image que renvoient les musulmans "de la rue" au quotidien (pas les intellectuels) est loin de ce que vous dites. Malheureusement on voit bien que le sort des femmes et filles musulmanes n’est pas enviable et qu’elles sont soumises, de part leur culture, à un système patriarcal très très RUDE. Voyez encore cette pauvre jeune fille marocaine , fuyant un mariage forcé, battue par son frère ...Je trouve que les violences qui viennent de la famille sont encore plus tristes.

Désolée de vous avoir contrariée, mais les faits sont têtus.

Wassilia Tamali, titre une femme en colère, paru en 2009. Merci

23 mars 2010
Hayat a dit :

Salam,

Oui Sabrina, pour aller dans le sens d’Amazone, vous mélangez pratiques culturelles et Islam, ce qui n’est pas du tout la même chose. Je pourrais vous parler de mon côté de plein de personnes, hommes et femmes, de tous milieux et pays, qui, se basant sur les enseignements du Coranet la tradition du Prophète Muhammad (saws) mènent un combat féministe qui va dans le sens d’une pleine participation des femmes à la vie politique, sociale, économique, à la recherche, l’éducation..

Dans cette perspective je vous conseille vivement de lire les travaux de la scientifique marocaine Asmaa Lambaret, notamment le livre "Le Coran et les femmes", ainsi que les multiples articles publiés par le GIERFI (consultables sur leur site).

Il me semble important, avant d’émettre un jugement sur une religion, de savoir ce que ses sources disent, et non de juger à partir de la manière dont une partie de ses adeptes interprètent ces sources, avec l’influence culturelle qui est la leur.

Cordialement.

23 mars 2010
amazone a dit :

A Sabrina : "La ségrégation dont je parle, tout le monde peux la constater notamment dans les mosguées qui réservent l’entrée principale aux hommes et l’entrée de service aux femmes. Les hommes ont le droit de rester palabrer sur le trottoir, tandis que les femmes sont sommées de rentrer chez elles"

Si cela se passe comme ça chez "vous" dans votre famille ou dans votre quartier ou encore votre entourage, c’est qu’en effet, ceux ci n’appliquent pas l’islam mais des pratiques ancestrales qui sont de l’ordre de la culture arabe mais n’ont absolument rien à voir avec l’islam.

Par contre si vous avez un verset du coran qui stipule que les femmes doivent se cantonner à rester à la maison merci de nous le citer.

Je pense sincèrement que vous parlez de choses dont vous ignorez tout et votre manque de connaissance sur l’islam vous fait dire des choses qui n’ont aucune cohérence.

Ce sont ces préjugés et ces amalgames véhiculés par des gens comme vous (n’ayant aucune culture de l’islam) qui nuisent à toutes les femmes que nous sommes et qui nous battons tous les jours pour qu’on arrête d’imputer tout et n’importe quoi à l’islam.

Vous renvoyer Hayet à la lecture d’un livre dont vous ne donnez pas le titre, moi je vous renvois à la lecture du Coran et en particulier du rôle qu’occupait la 1ere femme du Prophète Mohamed (SAW), vous seriez étonnée du niveau d’émancipation dont celle ci jouissait : commerçante travaillant à l’extérieur, négociant avec des hommes, et allant jusqu’à demander en mariage un homme de 20 ans son cadet, pauvre de surcroit et travaillant à son service !

PS : Revisez vos classiques Sabrina, et ne voyez pas le monde musulman à travers des pratiques d’un autre temps bien éloignées de lslam !

22 mars 2010
Sabrina a dit :

réponse à un passant... : erreur de ma part en effet, veuillez m’en excuser.

La ségrégation dont je parle, tout le monde peux la constater notamment dans les mosguées qui réservent l’entrée principale aux hommes et l’entrée de service aux femmes. Les hommes ont le droit de rester palabrer sur le trottoir, tandis que les femmes sont sommées de rentrer chez elles. On en plaisante dans la petite commune où je vis. Pour le reste, j’ai assité le 11 mars à une conférence de l’avocate algérienne Wassilia Tamzali et voici par quoi elle a commencé : "J’aimerais convaincre les femmes d’origine algérienne qui vivent en France de la chance qu’elles ont d’habiter un pays libre et de toute l’énergie qu’elles doivent mettre à y défendre leur statut de femme en Europe." Mieux qu’un long discours...

En guise de répons à Hayat, je lui propose de lire le livre de cette avocate courageuse, paru récemment, que l’on trouve dans toute les bonnes librairies. Hayat y trouvera beaucoup de réponses à ses questions.

Merci

22 mars 2010
Hayat a dit :

Bonjour Sabrina,

Vous n’avez sûrement pas du comprendre la question que vous posait Un Passant.

C’était : "quelles revendications ne seraient pas légitimes ?"

Ce à quoi vous répondez :

- la ségrégation hommes-femmes

- le sexisme congénital chez les musulmans

- la non reconnaissance de l’égalité en droit des femmes

- diversses dispositions du coran réellement liberticides autant pour les femmes que pour les hommes

Ce sont pour vous des revendications, ça ?

En quoi concrètement, les musulmans de France revendiqueraient ces choses ?

Pareille réponse est pour le moins surprenante, surtout après les précisions apportées par JP Chambard qui vous pointait les revendications précises auxquelles il faisait référence comme tout à fait légitimes :

- lieux de culte suffisants et décents

- établissement d’enseignement religieux privés

- participation citoyenne

..et comment ces revendications rentrent parfaitement dans le cadre des droits garantis par un état laïc.

Mais peut être le sens profond de votre intervention se cache-t-il derrière une apparente incohérence ?

Bien cordialement.

22 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

Un passant a dit : Par ailleurs, cette distinction entre extrémiste et modéré est un autre symptome de l’islamophobie. Car on sous-entend de facto qu’un musulman qui n’est pas extrémiste est modéré, et que donc l’islam "normal" est un islam extrémiste.

Effectivement, votre démonstration tient la route.

Cordialement

22 mars 2010
Un passant... a dit :

A Sabrina :

Pour ma part, je revendique la politesse, dans la mesure où vous devriez, quand vous citez quelqu’un, avoir l’amabilité de savoir qui c’est.

la ségrégation hommes-femmes,

Qu’entendez-vous par ségrégation ? Il serait déjà bon d’en débattre. Car dans l’absolu, l’islam n’invite non seulement pas à la ségrégation des sexes, mais bien au contraire.

le sexisme congénital chez les musulmans

Sachez que de tels propos sont condamnables. Un bel exemple d’intégrité, n’est-ce pas ?

Par ailleurs, s’il se peut que "des" musulmans (par opposition à "les" musulmans, vos doigts ont dû "fourcher"... inconsciemment, ce serait révélateur) soient sexistes, ils ne le revendiquent pas plus que tous les autres sexistes qui ne sont pas musulmans. Et, très chère, je condamne les deux - faites de même, vous vous ferez du bien.

la non reconnaissance de l’égalité en droit des femmes

Quels droits ne sont pas reconnus à la femme ?

Dans l’absolu, le seul principe qui importe, c’est la liberté de disposer de son intellect, de son corps, et de son esprit, non ?

Par conséquent, si vous militez pour que les femmes soient libres, de même que les hommes, ces dernières devraient être libres de porter des choix, non ?

Corrigez-moi si je me trompe, mais vous vous habillez comme vous le souhaitez sans que votre père, votre frère, votre voisin, votre patron ou votre cousin ne s’en mêle, indépendamment du choix vestimentaire que vous faites. Si une femme musulmane fait de même, ne doit-elle pas bénéficier de la même liberté ? Ou est-ce juste parce qu’elle est musulmane ? (Et ce, toujours indépendamment du choix posé)

et diversses dispositions du coran réellement liberticides

A titre informatif (ça ne fait jamais de mal...), une disposition n’est liberticide que lorsqu’elle est le fait d’un tiers. Si, par exemple, d’aucuns estiment que le fait de jeûner est liberticide, parce qu’il interdit à l’adepte de manger pendant un laps de temps déterminé, alors d’aucuns se trompent. Et pour cause, dès lors que l’adepte jeûne en son âme et conscience, et qu’il use de son libre arbitre pour le faire, il n’est pas question de disposition "liberticide".

En revanche, si une femme désire travailler avec un foulard, mais qu’on le lui interdit par l’intermédiaire d’une disposition (qui ne nuit pas à la laïcité, car seul le traitement importe), alors là, il est question d’une disposition liberticide, car on impose à cette femme de retirer son foulard. Est-ce là votre Coran ?

qui nous ramèneraient à un obscurantisme que les catholiques ont vigoureusement combattu pour en sortir, mais dans lequel certains musulmans se complaisent et voudraient nous imposer...

Pourriez-vous me dire qui vous impose quoi ? Avec des exemples concrets.

Avez-vous croisé une homme arborant une barbe trop prononcée de laquelle un rayon laser vous a frappé pour vous contraindre à devenir musulmane ? Si oui, n’hésitez pas à consulter.

Bien à vous.

22 mars 2010
Sabrina a dit :

adapa a dit : "Puis-je, moi, vous demandez quelles revendications ne le seraient pas ?"

la ségrégation hommes-femmes, le sexisme congénital chez les musulmans, la non reconnaissance de l’égalité en droit des femmes et diversses dispositions du coran réellement liberticides autant pour les femmes que pour les hommes qui nous ramèneraient à un obscurantisme que les catholiques ont vigoureusement combattu pour en sortir, mais dans lequel certains musulmans se complaisent et voudraient nous imposer...

22 mars 2010
amazone a dit :
A FKT :Vous avez dû vous masturber longtemps l’esprit pour nous pondre cela :"L’islamophobie, vous aimez trop ça chez Oumma.com n’est ce pas ? Nous les musulmans sommes toujours les victimes si j’ai bien compris. Je suis pas sûr que cela nous fasse avancer..." NON ?
22 mars 2010
amazone a dit :

A Sabrina : qui demande "Monsieur Chambard, puis-je vous demander quelles sont ces revendications concernant des pratiques liées à l’Islam que vous trouvez "tout à fait légitimes" dans notre pays laïc, svp. merci d’avance".

Les mêmes revendications que ceux concernant les pratiques liées aux catholiques, protestants, coptes, juifs.

C’est à dire des écoles religieuses comem il existe des écoles catholiques et des écoles juives, des lieux de cultes comme il existe des églises ou des synagogues.

N’est ce pas légitimes tous cela ?

Les français de confession musulmane n’ont t-ils pas droits aux mêmes égards que les français de confession juive ou catholique ?

A moins que vous n’estimiez qu’il existe plusieurs catégories de Français, ceux qui ont des droits et des devoirs et ceux qui n’ont que des devoirs ?

En quoi ces revendications mettent t-elles en péril la laicité de notre pays ?

22 mars 2010
Un passant... a dit :


- A J-P Chambard :

J’entends bien, mais comme je l’ai dit, voir en un musulman, un intégriste potentiel, c’est le début du problème qu’est l’islamophobie.

Des extrémistes, il en existe dans toutes les communautés, et si vous vous attardez sur les statistiques, vous constaterez qu’il s’agit de minorités.

Par ailleurs, cette distinction entre extrémiste et modéré est un autre symptome de l’islamophobie. Car on sous-entend de facto qu’un musulman qui n’est pas extrémiste est modéré, et que donc l’islam "normal" est un islam extrémiste. Comment voulez-vous qu’une telle thèse instaurée dans l’inconscient de la collectivité soit due aux musulmans ? Il s’agit là d’une campagne islamophobe menée en vue de déshumaniser une catégorie de personnes.

Je pense que vous vous trompez : la burqa, les minarets, etc. sont autant d’éléments qui sont mus justement par l’islamophobie. La campagne suisse contre les minarets n’a pas vu le jour à cause des minarets uniquement, mais à cause de la symbolique qui se cache derrière : "ah non, l’islam est visible, on ne peut pas le permettre..." et l’islamophobie ambiante a mené à une campagne odieuse (il suffit de voir les affiches) destinée à déshumaniser tout ce que représente cette idéologie pour justifier la restriction de la liberté fondamentale des musulmans de Suisse.

- A amazone : c’est exactement ce que je veux dire. L’islamphobie est tout aussi légitime, terminologiquement parlant, que l’homophobie, la xénophobie, la négrophobie, l’antisémitisme, etc.

- Sabrina :

Monsieur Chambard, puis-je vous demander quelles sont ces revendications concernant des pratiques liées à l’Islam que vous trouvez "tout à fait légitimes" dans notre pays laïc, svp. merci d’avance

Puis-je, moi, vous demandez quelles revendications ne le seraient pas ?

22 mars 2010
Un passant... a dit :

Oui adapa, en effet je pense aussi que ce constat permet d’expliquer le rejet de l’Islam et par conséquent des musulmans, un peu partout en occident (en Chine aussi) et même en Europe du nord, pays jadis très très ouverts et accueillants pour nous.

Il n’en demeure pas moins que ces agissements sont le fait de minorités. Donc en quoi cela explique-t-il un mouvement de masse, j’ai du mal à comprendre ? Je préfère de loin la thèse de Nietzsche qui se vérifie tout au long de l’histoire...

Balayons devant notre porte avant de crier à l’islamophobie.

Faites-vous partie des ces minorités qui causent un problème à la société, par leurs actes, et non par leur appartenance idéologique ?

Si oui, alors balayez...

Je suis musulman, je suis un citoyen qui travaille, paie ses taxes, et qui pratique les rites musulmans, je ne vois absolument pas en quoi je dois balayer, dans la mesure où je n’ai pas à m’amender pour les faits et gestes de quelque minorité.

22 mars 2010
Un passant... a dit :


- A Adapa :

"Hostilité manifestée à l’égard des adeptes de l’islam, de ce qui a trait à l’islam."

En fait il y a un problème dans cette définition : c’est que ça mélange d’une part les gens, les individus, et d’autre part donc tout ce qui est idéologie et pratiques.

Les deux sont indissociables, dès lors qu’il s’agit de l’hostilité. Les musulmans - individus - dérangent parce que leur idéologie dérange ; et leur idéologie dérange, parce que les musulmans - individus - dérangent. Les deux éléments font partie d’un tout.

Cette jeune mère enceinte assassinée l’an dernier en Allemagne de dix-huit coups de poignard dans un tribunal fut victime de l’hostilité qu’inspirait chez son assaillant son foulard, et par extension, ses croyances - ou l’inverse. C’est d’ailleurs pourquoi il l’avait traitée de terroriste au préalable.

Critiquer des individus par leur simple appartenance, et critiquer une idéologie et des pratiques ce n’est aps la même chose, et c’est pour ça que le terme d’islamophobie est souvent critiqué.

Il ne devrait pas... Pas d’un point de vue purement lexicologique, et terminologique. Vous citez l’antisémitisme. A l’origine, il s’agit de l’hostilité manifestée vis-à-vis de la communauté juive.

A l’époque nazie, pensez-vous sincèrement qu’une personne qui arborait une croix jaune, ou qui portait une kippa (pour les braves qui auraient osé...) était accueillie à bras ouvert par le reste de la société ? Que nenni.

Cette personne dérangeait, de même que ces "pratiques", ou l’extériorisation de son identité cultuelle.

Lorsqu’un noir, aux Etats-unis, dérangeait, les éléments propres à la culture afro-américaine dérangeaient. Les deux forment un tout qui génèrent ce sentiment de "phobie", au sens propre.

D’ailleurs, votre reproche devrait tout aussi bien s’adapter au terme "xénophobie", qui ne constitue pas seulement l’hostilité à l’égard d’individus différents, mais aussi de ce qui est différent - culture, culte, tradition, etc. Donc même si l’on parlait de xénophobie contre les musulmans, cela ne changerait rien.

Linguistiquement parlant, le terme "islamophobie" est parfaitement adéquat à la situation.

Donc en fait le mot islamophobie est bien une terme manipulatoire, qui est utilisé par des gens aux idées et pratiques critiquables pour faire passer des critiques normales et ratinonelles, qui s’appliquent aussi à d’autres systèmes que l’islam, comme des critiques racistes.

Là, on touche à un autre aspect du débat, dans lequel vous manipulez tout autant le terme que ceux que vous critiquez.

Oui, le terme "islamophobie" peut être manipulé, tout comme le terme "racisme" ou "raciste". Vous en êtes la preuve, car vous minimisez le fait de société qu’est l’islamophobie, tel qu’évoqué par les spécialistes en la matière, en imputant aux personnes que vous condamnez d’accomplir des actes critiquables le fait de l’avoir créé pour se justifier. Dès lors, vous dénuez le terme de son sens, alors que celui-ci en a un. Si l’un est critiquable, l’autre l’est tout autant (j’espère avoir été clair, sinon n’hésitez pas à me le faire savoir).

Tant qu’il n’y a pas de clarification sur la signification exacte du terme en fait le mot islamophobie au fond ne signifie rien, ou un objet vague à qui on fait dire ce qu’on veut.

Absolument pas. Tous les termes sont manipulés aujourd’hui sur la scène politique. Mais fort heureusement, ceux-ci sont avant tout définis dans le carcan de la linguistique, et non du politique. Dès lors, "islamophobie", qui constitue un néologisme savant, désigne l’hostilité manifeste à l’égard de l’islam et de ses adeptes.

Là où il faut être vigilant, c’est que l’on peut, sans mauvaise intention aucune, être en désaccord avec une pratique, sans pour autant que celle-ci ne gêne.

Par contre, l’islamophobie, elle, vise les pratiques qui gênent à cause l’idéologie et des personnes qui gênent, en dehors de toute forme de "racisme" (contre-sens biologique, mais bref). On peut, par exemple, être raciste vis-à-vis de la communauté arabe, tunisienne, algérienne, et islamophobe, tout comme on peut être islamophobe sans être l’autre, et inversement.

Sinon comment peux tu expliquer qu’une critique contre l’église catholique est traité notmalement, et dés que cette même critique est contre l’islam cela devient de l’islmaophobie et "donc" du racisme ? C’est irrationnel, arbitraire, mensonger.

De quel traitement parlez-vous ?

L’islamophobie n’est pas le racisme, justement. Je viens de l’expliquer, et si ces deux phénomènes peuvent être combinés, ils constituent deux notions différentes avant tout.

Les mots justes définissent des objets bien précis, ce que n’est pas le mot islamophobie.

Si. Compte tenu de tous les éléments lexicographiques en vigueur, il est tout aussi légitime que le terme homophobie ou xénophobie.

Quant à votre dernier paragraphe : il n’est pas à prendre en compte, d’un point de vue sémantique, mais ne peut servir qu’à titre d’exemple.

Un regain de l’intégrisme ? Fort bien.

Mais voir en un musulman un potentiel intégriste relève précisément de l’islamophobie. De même, voir dans un chrétien un potentiel pédophile relève d’une forme de phobie visant la communauté chrétienne. De même, sous prétexte qu’un athée tue un religieux, voir dans tout athée un bouffeur de curé potentiel constitue ce qu’il conviendrait alors d’appeler l’athéophobie.

Réfuter la pertinence du terme islamophobie reviendrait à réfuter tout autre terme du même type, tel que homophobie - qui constitue l’hostilité manifeste vis-à-vis de l’homosexualité et des homosexuels. Ces gens dérangent les homophobes non seulement parce qu’ils sont sont - à savoir des individus homosexuels - mais aussi par ce qu’ils font. Les deux sont indissociables.

22 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

Sabrina a dit : Monsieur Chambard, puis-je vous demander quelles sont ces revendications concernant des pratiques liées à l’Islam que vous trouvez "tout à fait légitimes" dans notre pays laïc, svp. merci d’avance.

Et bien, toutes celles qui résultent justement de la laïcité !

En premier lieu, le droit d’avoir un lieu de culte au même titre que les autres religions. Donc, à ce titre, que chaque ville où réside un nombre significatif de musulmans puisse avoir une véritable mosquée. Que dans les zones rurales où on trouve également un nombre significatif de musulmans, mais insuffisant dans chaque commune, il puisse y avoir une mosquée, par exemple, dans la commune qui est le chef lieu du canton.

En deuxième lieu, qu’il puisse se créer des écoles privées confessionnelles au même titre que les écoles privées catholiques ou juives. Je crois qu’une septième école privée de confession musulmane vient de se créer à Toulouse (ou bordeaux ?), il n’y aucune raison laïque pour que ce nombre n’augmente pas, par rapport aux 3.000 écoles confessionnelles catholiques et 350 juives.

Et, d’une manière plus générale, c’est en permettant à nos concitoyens de confession musulmane de se sentir des citoyens à part entière dans notre communauté nationale que nous pourrons ensemble, et j’inciste sur ensemble, lutter contre les dérives intégristes ... de n’importe quelle religion ou idéologie, d’ailleurs.

Je suis persuadé que l’immense majorité des musulmans de France ne souhaite qu’une chose : Etre Français de confession musulmane au même titre qu’il y a des Français de confession catholique, protestante, juive, boudhiste, des Français athées ou agnostiques ... et que pour le reste, les "politiques" et les "barbus" leur foutent la paix !

Cordialement

22 mars 2010
Sabrina a dit :

Jean-Pierre Chambard a dit :"L’affaire de la burqa, celle des minarets en Suisse, des revendications concernant des pratiques liées à l’Islam (qui, entre nous, sont tout à fait légitimes"

Monsieur Chambard, puis-je vous demander quelles sont ces revendications concernant des pratiques liées à l’Islam que vous trouvez "tout à fait légitimes" dans notre pays laïc, svp. merci d’avance

22 mars 2010
amazone a dit :
A Adapa :"Rien à voir avec l’antisémitisme qui remonte à un dogme religieux sans fondement datant de presque 2000 ans." Donc l’antisemitisme serait sans fondement mais l’islamophobie serait fondée ? Et la xénophobie et l’homophobie seraient fondées ?
22 mars 2010
Amahd a dit :

"Donc pour beaucoup le rejet de l’islam, est la conséquence de la montée de ces mouvements qui remettent en cause 200 ans de progrés politiques et sociétaux. Tant que les barbus étaient bien au chaud chez eux, l’isma n’était pas sujet de contreverse, amsi à partir du moment où les barbus se sont implantés dans les pays occidentaux, et ont commencé à vouloir adapter ces pays à leurs pratiques et idées archaîque, l’islam est devenu sujet de contreverse."

Oui adapa, en effet je pense aussi que ce constat permet d’expliquer le rejet de l’Islam et par conséquent des musulmans, un peu partout en occident (en Chine aussi) et même en Europe du nord, pays jadis très très ouverts et accueillants pour nous.

La police suédoise a créé dernièrement une cellule pour faire fasse aux crimes "d’honneur" commis sur des jeunes filles dans les familles musulmanes. Une marche silencieuse a eu lieu en 2007 à Götbordt en mémoire d’une jeune Kurde assassinée par ses frères ; les journaux locaux ont rapporté qu’il n’y avait aucun musulman dans le cortège...

Balayons devant notre porte avant de crier à l’islamophobie.

Salam

22 mars 2010
Jean-Pierre CHAMBARD a dit :

à adapa et à un passant :

Il est certain que le terme d’islamophobie a un signification moins bien défini que celui d’antisémitisme.

Je vous propose mon interprétation par l’historique tel que je l’ai ressenti.

Au départ, il y a le racisme ordinaire, une arabophobie résultant du passé colonial, de la guerre d’algérie, etc.

A ce niveau là, l’Islam en France reste un phénomème marginal qui ne fait pas la Une des journaux.

Puis arrive l’affaire du voile à l’école qui interpelle la notion de laïcité, chère à une majorité de Français. Avec cette affaire, arrive également l’évidence d’une pénétration de groupes dits intégristes ou fondamentalistes musulmans qui viennent troubler la relative quiétude d’un islam modéré représenté par la Grande Mosquée de Paris et son recteur.

A partir de là, apparait le terme d’islamiste pour désigner l’intégrisme ou le fondamentalisme musulman. Pour faire simple, on pourrait créer un slogan : Oui à l’islam modéré, non à l’islamisme.

L’affaire de la burqa, celle des minarets en Suisse, des revendications concernant des pratiques liées à l’Islam (qui, entre nous, sont tout à fait légitimes), ont fini par la création du terme islamophobie, avatar de l’islamisme lui-même avatar de l’intégrisme, censé représenter une stratégie pour imposer l’Islam en France.

Il me semble donc l’islamophobie représente essentiellement la peur de voir en tout musulman, un islamiste en puissance.

Et, si on lui superpose l’arabophobie antérieure, cela devient une arabo-islamophobie qui est un mélange assez explosif et qui peut justifier les craintes de Roland Dumas.

Cordialement

21 mars 2010
adapa a dit :

@ un passant

"Hostilité manifestée à l’égard des adeptes de l’islam, de ce qui a trait à l’islam."

En fait il y a un problème dans cette définition : c’est que ça mélange d’une part les gens, les individus, et d’autre part donc tout ce qui est idéologie et pratiques.

Critiquer des individus par leur simple appartenance, et critiquer une idéologie et des pratiques ce n’est aps la même chose, et c’est pour ça que le terme d’islamophobie est souvent critiqué. Avec le mot antisémitisme il n’y a pas d’ambiguité, celà désigne une hostilité vis à vis de personnes.

Donc en fait le mot islamophobie est bien une terme manipulatoire, qui est utilisé par des gens aux idées et pratiques critiquables pour faire passer des critiques normales et ratinonelles, qui s’appliquent aussi à d’autres systèmes que l’islam, comme des critiques racistes.

Tant qu’il n’y a pas de clarification sur la signification exacte du terme en fait le mot islamophobie au fond ne signifie rien, ou un objet vague à qui on fait dire ce qu’on veut.

Sinon comment peux tu expliquer qu’une critique contre l’église catholique est traité notmalement, et dés que cette même critique est contre l’islam cela devient de l’islmaophobie et "donc" du racisme ? C’est irrationnel, arbitraire, mensonger.

Les mots justes définissent des objets bien précis, ce que n’est pas le mot islamophobie.

De plus ton analyse fait quand même m’impasse sur l’histoire mondiale de ces 35 dernières années, qui a vu l’érectin de mouvments politico-religieux musulmans accompagnés d’une montée du fondamentalisme parmis les populations musulmanes , même au sein des population dans les pays non-musulmans. Donc pour beaucoup le rejet de l’islam, est la conséquence de la montée de ces mouvements qui remettent en cause 200 ans de progrés politiques et sociétaux. Tant que les barbus étaient bien au chaud chez eux, l’isma n’était pas sujet de contreverse, amsi à partir du moment où les barbus se sont implantés dans les pays occidentaux, et ont commencé à vouloir adapter ces pays à leurs pratiques et idées archaîque, l’islam est devenu sujet de contreverse.

Rien à voir avec l’antisémitisme qui remonte à un dogme religieux sans fondement datant de presque 2000 ans.

21 mars 2010
Un passant... a dit :

A amazone, entre autres (qui pose la question pertinente portant sur la distinction de traitement qui existe aujourd’hui entre l’antisémitisme et l’islamophobie) :

- Tout d’abord, que peut expliquer la situation actuelle, l’atmosphère ambiante teintée d’islamophobie universelle (car le problème ne se limite pas à la France, mais s’étend sur toute l’Europe, comme ce fut le cas de l’antisémitisme, dont l’Europe était l’épicentre) ?

Il s’agit là d’un cycle. Friedrich Nietzsche écrit dans "Par-delà bien et mal", en 1885, que la démocratisation de l’Europe - en ce compris l’européanisation, ce sentiment qui consistant à unifier l’Europe, au détriment du principe de Léviatan, monstre biblique évoqué par Hobbes pour désigner l’Etat-nation - nous conduisait, sans qu’on le veuille, à un régime (démocratie) qui n’était autre qu’une école des tyrans.

Ce que voulait dire Nietzsche, dont les propos ne furent très certainement pas reconnus à l’époque, mais que tout professeur de philosophie mentionne au moins une fois dans son cours, c’est que la cohésion globale (à l’époque européenne) crée une faille identitaire. Ainsi, de nombreuses personnes, en manque de repère, ont condamnée cette nouvelle ère. Il fallait dès lors incriminer quelqu’un...

En outre, Nietzsche prédisait l’arrivée d’une élite, d’un être capable de rameuter cette population en malaise d’identité, pour renforcer le sentiment d’appartenance nationale. C’est là la thèse du concept d’école des tyrans, qui explique que la démocratique, le moins mauvais des systèmes, développe en fait cette élite totalitaire et dictatoriale qui, une fois l’ennemi commun déshumanisé (ce que les Européens se sont évertués à faire avec les juifs), on peut en faire ce que l’on veut. La suite, tout le monde la connaît...

Récemment, dans un discours, Doudou Diène, ancien rapporteur spécial à l’ONU sur les formes contemporaines de racisme et discrimination, décrivait les rouages de l’islamophobie, et in extenso, de toute forme de racisme. De même qu’il y a 70 ans, les juifs étaient déshumanisés, d’abord au sein de la population, ensuite chez les politiques et les intellectuels, au point de statuer sur une sorte de racisme institutionnalisée. A l’époque nazie, il n’était nullement blâmable, dans le psyché commun à tous les citoyens, que l’on traite ces hommes, femmes et enfants comme des sous-espèces.

Ainsi, l’on imputait tous les malaises de la société à cette pauvre communauté qui n’avait rien demandé, comme on le fait aujourd’hui avec les musulmans. Voici un bel exemple de l’époque qui n’est pas sans rappeler certaines citations actuelles de la part de pseudo-philosophes, d’intellectuels, de politiques, etc. :

"Aussi n’est-ce pas un effet du hasard que ce soit toujours le Juif qui essaie surtout d’implanter cette mentalité funeste dans notre peuple", écrit Adolf Hitler dans Mon Combat.

Aujourd’hui, après des années d’absence de cette idéologie, on impute au musulman la volonté d’imposer un nouveau système, un nouveau régime théocratique, ou que sais-je encore. Dès lors que l’on aperçoit une femme portant un foulard ou un homme qui jeûne, c’est la fin de la France, la fin du monde !

Il ne faut pas occulter le fait que des musulmans, non pas du fait de leur appartenance cultuelle, mais pour des raisons sociales, voire ethniques, se comportent de façon "incivile", comme le disent certains. C’est une réalité qui comprend une série de faits isolés qu’il est impératif de maîtriser. Mais dans un souci d’objectivité, il faut rappeler les comportements incivils de la part de non-musulmans, qui ne sont pas plus dus à leur appartenance cultuelle ou non-cultuelle, mais tout simplement à leur environnement, à leur éducation, etc. Il s’agit là d’un débat de société qui n’a rien à voir avec l’islam en soi, et qui concerne l’entièreté de la population.

Pour conclure, l’islamophobie, comme l’antisémitisme, est une réalité, n’en déplaise à celui qui se conforte dans l’illusion que le musulman est le mal et que lui incarne le bien destiné à se défendre d’un envahisseur non désirable. L’islamophobie est un processus visant à rejeter de façon irrationnelle tout ce qui a trait à l’islam, car cette ennemi conforte, cette ennemi occulte les problèmes posés par la mondialisation, une évolution qui exclut les repères identitaires dans lesquelles une grande partie de la population mondiale se sentait à l’aise... Le monde change, et la pilule passe mal, il faut un ennemi : l’islam. Tel est le mécanisme de l’islamophobie.

Pour conclure, c’est en tant que linguiste que je vais solliciter votre attention sur certains éléments importants :

- La judéophobie est un terme parfaitement approprié pour désigner l’antisémitisme. D’ailleurs, le suffixe "-phobe/ie" reprend, dans les ouvrages terminologiques de référence, le terme "judéophobe". Il n’existe donc aucune différence, et il est habilement employé par M. Dumas car il peut ainsi établir le parallèle entre judéophobie et islamophobie.

Pour rappel, le terme "phobie" désigne une psychopathologie qui se définit comme suit :

"subst. fém. Symptôme prévalent des névroses obsessionnelles, caractérisé par une réaction d’angoisse ou une répulsion ressentie devant le même objet, la même personne ou une situation bien déterminée."

- C’est ainsi qu’il a donné naissance au terme "xénophobie", qui, contrairement à ce que pensent bien des personnes, ne désigne par la "peur" de ce qui est différent, mais bien la révulsion irrationnelle. Voici d’ailleurs la définition du terme :

"subst. fém. Hostilité manifestée à l’égard des étrangers, de ce qui est étranger."

Il s’agit donc clairement d’hostilité, et non de peur.

- Compte tenu des éléments ci-dessus, et par analogie, l’islamophobie se définit comme suit, bien qu’il s’agisse d’un néologisme :

"Hostilité manifestée à l’égard des adeptes de l’islam, de ce qui a trait à l’islam."

Dès lors, le terme est non seulement pertinent dans le débat actuel, mais se suffit à lui-même sans qu’il ne faille apporter une quelconque clarté.

21 mars 2010
karim a dit :

Ce sentiment, beaucoup le constatent, et pas que les musulmans, Roland Dumas, en est l un d eux. L islamophobie a pris de l ampleur avec l arrivée du criminel bush au pouvoir, et la suite que nous connaissons, qui n est ni plus ni moins, qu’une ènième croisade de l intégrisme chrétien, sous la houlette des evangelistes américains, mais aussi et surtout des sionistes. Il a développé parallèlement à cette barbarie, le concept de choc des civilisations pour dresser musulmans et chrétiens, repris en echo par bon nombre de gouvernements occidentaux à la solde de ce qu on peut désormais appelé l axe du mal, américano sioniste.

Cette islamophobie, qui plus est, s’inscrit aussi dans une stratégie machiavélique, qui a pour objectif, de contrecarrer la sympathie et le soutien aux palestiniens, qui vivent des heures noires, du fait de l occupation barbare et criminelle israélienne.

20 mars 2010
F.K.T. a dit :

Selem à toutes et à tous,

L’islamophobie, vous aimez trop ça chez Oumma.com n’est ce pas ? Nous les musulmans sommes toujours les victimes si j’ai bien compris. Je suis pas sûr que cela nous fasse avancer...

20 mars 2010
Mamyli a dit :

M.Roland Dumas est un avocat socialiste tout-à-fait respectable et sa thèse est sensible et claire.

Je réfléchis simplement sur un fait : les institutions comme les états, les partis politiques et les religions sont moins en cause que les hommes qui y participent. Les institutions sont des gages de liberté mais il ne suffit pas de se dire chrétien ou musulman, socialiste ou de droite pour être un homme bon. Il y a des racistes et des mentalités totalitaires dans tous les partis et toutes les institutions.

M. Roland Dumas a raison de dire que la phobie nous a guetté et nous guette encore. Son objet est en cause car on est toujours le fou d’un autre. Accéder à la paix de l’âme est possible si l’on en prend conscience.

Cordialement. Liliane Bénard

19 mars 2010
Mamyli a dit :

La bonne question n’est sans doute pas celle de la tranquillité française dans un héxagone exigu ?

Ni même celle du rebondissement de la France européenne en accord avec l’Allemagne !

Qui oubliera que les deux guerres qualigiées de "mondiales" ont opposé la France et l’Allemagne ?

Soyons simples et concevons la philosophie de la vie quotidienne. Dans la France et l’Allemagne du 21ième siècle, vivent et travaillent des Européens, des Arabes et des Africains. Comment peuvent-ils vivre ensemble sans perpétuer la domination d’une race sur une autre ou sur les autres ?

Leurs "faciès" sont différents et certains souffrent de discrimination. Des idéologies politiques évoquent la préférence nationale et rejettent les sans-papiers.

Des religions reconnaissent l’unicité du genre humain mais s’avouent comme sexistes. Tant il est vrai qu’il faut diviser pour régner.

La bonne question est celle du vivre ensemble, respectant la dignité de chacun et de chacune.

Elle pourrait être par delà les religions instituées, spirituelle, c’est-à-dire capable de reconnaître la spiritualité de tout un chacun ou chacune. Elle reconnaîtrait aussi les qualités des cultures allemande, française et anglaise, fondées sur le latin et le grec. Elle étudierait les langues sémitiques pour découvrir que le sionisme est à la fois une injustice et une erreur théologique.

Nos contacts avec l’extrême orient pourrait nous aider...reconnaissant enfin que le système des castes tribales est injuste et en contradiction avec l’idée simple de l’unité du genre humain par delà les langues et les cultures.

Il est clair que l’occident en parle, il lui reste sans doute à la mettre en oeuvre en conformité avec les Messages révélés.

La question est simple et pacifique. Les réponses s’opposent au gré des égoïsmes nationaux et linguistiques.

Nous avons pourtant les moyens de la résoudre si nous concevons le vivre ensemble comme possible et si chacun est éduqué intelligemment...préférant la justice pour tous les êtres humains.

Ce point de vue n’a rien d’idéaliste, il interdit seulement que l’on focalise sur la rareté des moyens au profit d’égoïsmes profiteurs qu’ils soient athés ou religieux.

Amitiés. Liliane Bénard

19 mars 2010
Vilain canard a dit :
A plusieurs : Si certaines prédictions de Mr Dumas ne relèvent que de son appréciation, de là à le reprendre sur son statut intellectuel,il y a un pas à ne pas franchir, ne serait-ce que par correction islamique. Judéophobie, lorsqu’il l’emploi, signifie "phobie des juifs" et c’est bien ce qu’il voulait dire. La phobie du judaïsme pourrait se dire judaïsmophobie. J’ajouterais que islamophobie est un terme aussi piègeux que facile qui a été forgé pour désigner le racisme phobique instrumenté mais qui est en réalité spécialement orienté anti-arabe. Comme il n’est pas correct de se déclarer anti-bougnouls on devient officiellement islamophobe, c plus classeux et ce n’est pas un délit. Les attaques proférées contre l’islam ne sont qu’un plus, qui alimentent facilement le "débat". Mr Chouet, ds son excellent article nous rappellait que nul ne parle des Malais, des Indonésiens, des Pakistanais, des Indiens,voire des Sénegalais pourtant noirs de service, tous musulmans. Soyons vigilant sur le sens des mots et tournons notre langue sept fois sur le bord de not coeur, comme disent les créoles. Fraternellement et merci à Mr Dumas de prendre courageusement la parole à contre courant du politiquement correct en vogue.
19 mars 2010
fermion a dit :

Il n’y avait pas de crise économique au déclenchement de la guerre 39-45. Il n’y avait pas non plus d’antisémitisme particulier (le chef de gouvernement au moment du Front Populair en 1936 était juif, Léon Blum). Seule l’extrême droite française l’était, elle était aussi anti-républicaine.

En 1939, les peuples français et Anglais, n’avaient pas envie de faire la guerre, après les saignées humaines et économiques de la précédente.

Après la déroute militaire, et d’ailleurs grâce à elle, Pétain a eu les mains libres pour imposer à un pays abattu sa politique anti-républicaine, anti-parlementaire, et rapidement antisémite et collaborationniste.

La situation de crise actuelle n’a absolument aucun rapport même lointain avec celle de l’époque. Et en outre, étant mondiale, elle n’affecte pas plus la France que la plupart des autres pays, c’est même plutôt le contraire. Cela ne consolera personne, surtout ceux qui en souffrent, mais c’est la vérité.

Quant à la perte de grandeur, la France s’est plutôt bien récupérée de la déconfiture de 1940 et de la plaie du régime de Vichy. Elle a perdu son empire colonial, comme les autres, et c’était on ne peut plus normal. Mais elle s’est profondément reconvertie continue à le faire, et s’est surtout investie avec succès dans la construction européenne, grâce au partenariat très étroit avec un autre pays ayant réussi une renaissance encore plus spectaculaire : l’Allemagne.

C’est aussi ça la grandeur d’un pays : sa capacité à rebondir.

19 mars 2010
adapa a dit :

Pour un intellectuel, monsieur dumas commet une belle erreur. En 40 il ne s’agissait pas de judéophobie, la "phobie " de la religion juive, mais d’antisémitisme, c’est à dire la haine des personnes réèllement ou supposées juives, indépendament des pratiques de ces populations. Le climat actiuel est d’une toute autre situation, puisuq’il s’agit du rejet des pratiques sexistes, dégradantes, liberticides, ségrégatrice, d’un population au nom de l’islam. En fait ce qui menace la tranquilité frnaçaise ce n’est pas l’opposition à l’islam fondmaentaliste, mais bien cet islam fondamentaliste dont les pratiques et les discours remettent en cause ce qui permet cette tranquilité française dont il parle si bien. Car cet islam fodnamentaliste haï la liberté, l’égalité entre sexes et entre opinions religieuses, et prône la séparation des populations selon le sexe et la religion. DOnc c’est bien les supporter de cet islam là qui remettent en cause la tranquilité frnaçaise, et non ceux qui le dénoncent.

Donc il y a inversion des rôles.

19 mars 2010
amazone a dit :

A Mamyli : "Au 20ième siècle, en France, dans les dîners familiaux, il était de bon ton de se déclarer antijuif. La classe moyenne au 21ième siècle se déclare aussi antiarabe."

Tout à fait d’accord avec vous.

Aujourd’hui en France, on n’a plus le droit d’être antisémite mais on a le droit d’être anti arabe...

19 mars 2010
Hayat a dit :

Salam Monsieur "noir",

D’un point de vue musulman et féminin, faire la distinction entre Islam et culture patriarcale semble effectivement être une bonne idée.

De là à dire que ce travail suffise à éradiquer le sentiment d’islamophobie présent en France..ça semble un peu simpliste non ?

Et puis distingue -t-on ce qui est réellement de l’ordre d’une culture patriarcale (ex : mariages forcés, exclusion des femmes de la sphère publique..) de ce qui peut être interprété, de l’extérieur, comme relevant d’une culture patriarcale alors que vécu, de l’intérieur, comme une pratique spirituelle (je pense par exemple au port du foulard) ?

La question est complexe..

Par ailleurs, êtes vous sûr que la culture occidentale ne soit plus patriarcale ?

Cordialement.

19 mars 2010
un "noir" a dit :

L’islamophobie, c’est un raccourci bien commode pour désigner cette peur très française et, quelque part, très compréhensible du retour à une culture patriarcale très conservatrice, très présente chez les migrants musulmans venus d’Afrique.

Cette culture patriarcale imprègne la pratique de l’islam de beaucoup de mes frères français musulmans. Au contact de la culture européenne, elle crée inévitablement un phénomène de rejet massif.

Si nous musulmans luttons clairement et sans ambiguité contre cette culture patriarcale, nous ferons disparaître ces sentiments négatifs.

Bien cordialement.

19 mars 2010
Mamyli a dit :

M.Roland Dumas, vous m’étonnez !

Au 20ième siècle, en France, dans les dîners familiaux, il était de bon ton de se déclarer antijuif. La classe moyenne au 21ième siècle se déclare aussi antiarabe. Il s’agit d’un racisme ordinaire, qui a besoin d’ennemis pour se reconnaître, sans qu’il soit besoin de parler de judéophobie ou d’islamophobie ! Ni l’islam, ni le judaïsme ne sont alors en cause.

D’autre part, La France n’est pas si paisible, également pour des raisons plus économiques et sociales que religieuses. Ce sont ces raisons qui conduisent à la révolte.

L’École est en question. Lorsque j’étais au lycée, mes professeurs condamnaient l’anti-sémitisme régnant et ses conséquences historiques. Les antiarabes doivent également apprendre que les Arabes sont des sémites et qu’il y a parmi eux des musulmans, des chrétiens et des athés, des points de vue religieux auxquels les Arabes, les Juifs et les Européens participent.

La paix interdit les guerres de religion mais demande surtout la connaissance des autres comme des minorités à ne pas opprimer ! La dénonciation de l’École est capitale. Elle peut aussi critiquer des législations, effets d’annonce, qui ne sauraient être suivies de décrets d’application quel que soit le gouvernement !

Amitiés. Liliane Bénard

19 mars 2010
amazone a dit :

En dehors de ces lois sur le voile et la buqa n’y a t-il pas une autre élèment comme en 1940, pour expliquer cette islamophobie ?

Un élément trés important qui est la CRISE avec ses pertes de Grandeur de la France qui contribuent à designer un bouc emissaire, tout cela entretenu avec habilité par certains politiciens, pour des raisons politiciennes ?

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